Le retour du froid et de la pluie qui a coïncidé avec le début du mois de carême n’a pas manqué de contrarier les jeûneurs d’Aïn El Hammam, habitués des sorties en famille. Avec un tel temps, peu de gens se hasardent à mettre le nez dehors. Dans la journée de vendredi dernier, la ville était plus morte que d’habitude. Hormis quelques commerces à l’image des vendeurs de Zlabia, la plupart ont baissé rideau bien avant midi. On se limite à effectuer quelques courses avant de rentrer vite chez soi. En vérité on ne peut s’attarder et rester sous un balcon en attendant que la pluie cesse. De jour, les cafés qui abritent les oisifs sont fermés. Les habituels lieux de regroupement des villageois sont, eux également, presque vides. Le froid hivernal ne permet pas de s’asseoir sur les dalles froides pour passer le temps. Il ne reste que la maison pour rester au chaud devant la télé, en attendant le soir. Les sorties en familles vers d’autres villages ou dans des lieux connus pour servir des glaces sont reportées à plus tard. Même ceux qui possèdent des voitures ne s’aventureraient pas à emmener femme et enfants dehors sous la pluie et le froid. Heureusement qu’il y a la télévision pour meubler une partie de la soirée avant de sombrer dans le sommeil. Seuls les hommes qui saisissent l’occasion du mois sacré pour rencontrer les amis au café du coin quittent le foyer après le f’tour. Leur programme est établi depuis longtemps. Les jeux de cartes et de domino pour certains, ou le fameux loto reviennent qui comme un rituel immuable au niveau des cafés de fortune ouverts dans les villages ont déjà commencé avec la bénédiction du cafetier, loin des yeux des services de sécurité. Les amateurs de jeux de hasard ne se font pas prier pour entamer d’interminables parties de poker. Les activités récréatives, dont certaines en plein air, prévues par certaines associations ne pourront démarrer qu’avec le retour du soleil.
A. O. T.
