Pour la quatrième année consécutive, la ville de Bouira organise, depuis le 27 mars le festival de la poésie et de la prose scolaire. On attend, cette année, près de 170 élèves, venus de trente wilayas du pays. Le nombre de participants comme celui des wilayas n’a cessé d’augmenter au fil des années, ce qui dénote un certain intérêt pour ce type de manifestation culturelle. ll faut dire que l’écrit, qu’il s’agisse de textes de prose ou de poésie, tient une place importante dans la vie et l’imaginaire de l’enfant et de l’adolescent et joue un rôle de premier plan dans son développement affectif. `Seulement, l’école ne tient pas compte de cette aspiration. Tous les exercices d’écriture qui sont proposés, en arabe comme en français, sont des exercices stéréotypés : raconter une histoire, faire une description, argumenter, le plus souvent en utilisant des clichés usés jusqu’à la corde, au point que « écrire » consiste à aligner des phrases toutes faites… Pas d’atelier d’écriture, par exemple, où l’enfant donnerait libre cours à son imagination, où il exprimerait, en dehors de contraintes spécifiquement scolaires de style ou d’orthographe, ses sentiments. Les travaux de psychologie et de psychanalyse ont montré largement que la personnalité de l’enfant se forme dans et par le langage qui établit son rapport à « l’autre », qui lui permet de se situer. ll est impératif non seulement qu’il s’exprime mais aussi que l’adulte l’écoute et prenne en considération sa parole et qu’il lui réponde. Ce dialogue est, pour l’enfant et le jeune, un élément de reconnaissance important. Et quoi de mieux que la poésie pour s’exprimer, pour faire part de ses préoccupations et de ses aspirations ? On ne peut que saluer l’initiative du festival de la prose et de la poésie de Bouira !
S. Aït Larba
