BEJAïA – Plénière des assises sur le tourisme prévue hier – Report et clash entre le wali et l’APW

La plénière des assises sur le tourisme que devait organiser, hier, l’APW de Béjaïa a été ajournée suite à un quiproquo entre le wali et les membres de l’APW.

Aux alentours de 11 heures, le wali (par intérim) se présenta, seul, au pupitre, pour pousser un coup de gueule sur la situation désastreuse dans laquelle se trouve la wilaya, à la veille de la saison estivale. Il se retira pendant un moment, puis revint pour annoncer le report de la plénière. Les élus du FFS, absents durant le speech du wali, apparaitront lors de l’annonce du report et improviseront un point de presse, animé par le P/APW et auquel ont été conviés les chefs de groupes de l’assemblée et le mouvement associatif.

Le P/APW accuse !

Mehenni Haddadou expliquera l’ajournement de cette séance par la décision unilatérale du wali de vouloir diriger ses travaux, en excluant les élus, alors que «tout le travail a été fait par la commission de l’APW qui a entamé les travaux il y a un bimestre de cela en multipliant les sorties sur le terrain et en tenant une dizaine de réunions». Hier, il était prévu que cette commission présente son rapport pour le débattre et l’enrichir. Pour le conférencier, cette action du wali «était voulue, dans le but d’écarter les élus et éviter qu’ils ne s’impliquent dans la gestion de la collectivité, surtout qu’ils ne cessent de multiplier les actions concrètes dans le but de parvenir à la réalisation des projets structurants inscrits à l’indicatif de la wilaya et la sortir, enfin, de son sous-développement», affirmera-t-il. Approché pour plus de précisions, son vice-président, Abdenour Derguni, dira que le wali «a ouvert la séance alors que son chef de protocole ne les a même pas avertis que le wali était entré dans la salle et qu’il avait entamé son allocution».

Le coup de gueule du wali

De son côté Toufik Mezhoud, secrétaire général de la wilaya qui assume les fonctions de wali par intérim, a saisi cette rencontre pour pousser un véritable coup de gueule quant à la situation de laisser-aller que vit la wilaya de Béjaïa. Constat qu’il dira avoir fait depuis sa venue en août dernier. «Rien n’a bougé, malgré tous les moyens mis à disposition, dont des subventions importantes spécialement accordées pour la préparation de la saison estivale. Ni les herbes n’ont été taillées, ni les ordures et gravats n’ont été enlevés…», dira-t-il exaspéré. Pour souligner son «ras-le-bol», il s’interrogera sur la décision prise par la commune d’Aokas d’accorder à une entreprise, venue y implanter son chantier, un espace au niveau de la plage. Il lancera : «La plage est réservée exclusivement aux baigneurs», rappelant à ses subalternes présents qu’il ne leur demande pas de «faire l’impossible mais tout simplement le strict minimum». Il précisera qu’il n’était «d’aucune obédience» et ne fait «aucune distinction entre un élu et un fonctionnaire» et que «seul l’intérêt public» le guide. Notons enfin qu’une session extraordinaire pour débattre de la saison estivale est programmée pour demain, alors que la plénière a été reportée à une date ultérieure.

A Gana