À dix jours de la fin du mois sacré, les comités des villages s’attèlent déjà à la préparation de Timechret pour l’Aïd, une tradition que tiennent à pérenniser les villageois kabyles.
Les préparatifs battent leur plein à Mâatkas, Ouadhias, Béni Douala, comme partout ailleurs, pour être fin prêts le grand jour. Ainsi, les représentants des comités de chaque village ont commencé à collecter les cotisations auprès des habitants « aisés », et des visites aux marchés de bétail ont déjà été effectuées pour trouver les bovins à immoler. Selon la croyance populaire, si le sacrifice d’une bœuf ou autre n’est pas observé, la production oléicole sera moindre. Les doyens des villages prêtent beaucoup de bienfaits à ce rituel de solidarité où le riche côtoie le pauvre, le petit le grand. Ce sera, en outre, l’occasion aux natifs des villages de revenir au bercail. On profite aussi de Timechret pour réconcilier les litiges entre les villageois et tutti quanti. Côté ambiance, Timechret est un moment de convivialité, de solidarité et de fraternité. Que serait une fête sans les traditionnels gâteaux et autres friandises exposés, et tout le monde peut se servir à volonté. Le couscous, offert le jour J, sera préparé par les femmes du village qui mettront tout leur savoir-faire culinaire pour réussir ce met incontournable des grands jours. Cette traditionnelle fête tenue depuis des siècles dans la plupart des villages kabyles est aussi célébrée dans certaines contrées rurales arabophones. Se défaire de cette tradition séculaire priverait les générations futures de ce jour de communion qu’est Timechret. Amayas Idir

