Aïn El Hammam – La mercuriale s’enflamme

Hormis l’oignon, l’ail et la pastèque, les autres produits ont vu leur prix «s’envoler» à quelques jours de l’Aïd. La baisse des prix attendue, une semaine après le début du carême, n’a pas eu lieu, comme l’avaient cru les habitants d’Aïn El Hammam et tous les autres citoyens s’étant fiés aux déclarations, sur des tons des plus rassurants, de nos illustres responsables, particulièrement ceux du Commerce, qui voudraient à chaque fois nous faire croire qu’ils maitrisaient toutes les situations, comme s’il suffisait de le dire pour en faire une réalité. Les coûts des fruits et légumes sont toujours haut perchés à cette altitude où ils culminent depuis le tout début du mois de carême. De ce fait les petites bourses, littéralement laminées, sont obligées de s’endetter rien que pour finir déjà le mois sacré. Les prix affichés au marché de Michelet, samedi dernier, nous renseignent sur ce qui attend le consommateur la veille de l’Aïd et les jours suivants. De plus, il ne faut surtout pas compter reporter ses achats pour les jours suivant l’Aïd, du fait qu’on est habitués à bouder le travail les jours de fêtes, ce qui est aussi valable pour les agriculteurs qui ont déjà comme on le sait, bien assez pour passer des jours de fête «copieusement garnis» au vu des recettes qu’ils ont engrangées pendant ce mois «sacré» dans tous les sens pour le citoyen et «sucré» pour tous ceux qui ont à vendre quelque chose de demandé en ce mois de Rahma. Les consommateurs qui n’auront pas pris leurs dispositions seront contraints d’acheter au prix fort les produits stockés dans les arrières boutiques, que les habituels «futés» ont bien pris soin de mettre de côté en prévision justement de cette situation. Pour le moment, la carotte vient de «sauter» de soixante à quatre-vingt neuf dinars et la tomate est à cent dinars alors qu’elle avait «chuté», il y a de ça quelques jours, à soixante-dix dinars, voire moins. La courgette, produit très demandé, a repris du poil de la bête, narguant le consommateur du haut de ses cent-vingt dinars. Le poivron à cent dinars et l’haricot vert à cent-soixante dinars ne tarderont pas «à se décider» à rentrer en compétition pour qui montera le plus haut, avec les autres produits. Ils seront certainement payés encore plus cher, dans quelques jours, comme nous l’affirme un commerçant. Même l’ail, qui a envahi les marchés, n’en veut plus des trente ou trente-cinq dinars auxquels il se vendait difficilement ces derniers jours, et a décidé de monter comme tout le monde pour défendre sa fierté bafouée, et se vend à présent à soixante dinars. Seul l’oignon, produit en grandes quantités cette année, semble se contenter de ses vingt-cinq dinars, on ne sait si c’est par indulgence ou par incapacité de prendre part à cette course effrénée. Côté fruits, tous les clients du marché semblent s’être entendus pour opérer une «razzia» sur la pauvre pastèque dont les prix variant entre quarante et soixante dinars en font une proie facile. Elle est relativement à la portée du consommateur qui, pour les autres fruits, n’ose même pas jeter un regard. Cependant, la plus petite pastèque revient à trois cents dinars, au bas mot. Ce qui n’est pas peu, et gare aux crédules à qui on «fourguera» volontiers un bon prétexte de se faire passer un savon en rentrant. Mais ces derniers, sachant ce qu’ils encourent, se résignent généralement à opter pour le premier choix, quitte à y «laisser des plumes», l’important est de «bomber» le torse à la maison, quand le moment de couper la pastèque viendra.

A. O. T.