PRODUCTION AGRICOLE – Pr Ferhat Chehat l’affirme – «Nous n’arrivons pas à assurer 80% de notre consommation»

Selon l’ancien directeur de l’Institut national de la recherche agronomique (INRA), le Professeur Chehat Fouad, les progrès réalisés dans le secteur agricole restent «insuffisants» par rapport aux besoins du marché. M. Chehat a indiqué que le rapport sur la sécurité alimentaire et nutritionnelle en Algérie, qui sera rendu public aujourd’hui, a pour objectif d’évaluer la situation actuelle ce qui amène, a-t-il soutenu, à réfléchir sur plusieurs secteurs, notamment l’agriculture, le secteur de la pêche, la question de l’eau, la création d’emplois et les infrastructures de santé et d’éducation. «Un certain nombre de résultats ont été tirés qui pourraient attirer l’attention sur les défis énormes qui nous attendent», a affirmé M. Chehat, lors de son intervention, hier, sur les ondes de la chaîne III de la radio nationale. «On constate que la sécurité alimentaire a toujours été un objectif constant pour le pays et que des efforts importants ont été consentis, ces dernières années, puisque la consommation de calories a augmenté de plus d’un tiers», a-t-il fait savoir. Et d’ajouter : «Il y a eu une progression de la sécurité alimentaire, au sens que les Algériens consomment plus qu’avant». En revanche, plusieurs produits alimentaires restent importés, à l’instar des céréales, dont les importations annuelles vont de 6 à 7 millions de tonnes». Même constat pour le lait et les viandes blanches. «Même si nous n’importons plus de poulet depuis très longtemps, le poulet que nous consommons est à 60% produit grâce à des importations», a-t-il noté. «Donc, aujourd’hui, avec 42 millions d’habitants, nous n’arrivons pas à assurer 80 ou 85% de notre consommation. Nous n’exportons quasiment rien», a-t-il fait remarquer. Soulignant les efforts consentis dans le secteur agricole, M. Chehat a mis l’accent sur plusieurs faiblesses qui persistent. Il s’agit, a-t-il expliqué, de la filière céréalière, lait et viande où les progrès ont été «insuffisants». «Donc, les progrès sont importants et significatifs, mais restent encore insuffisants par rapport aux besoins du marché», a-t-il lancé. Des raisons de cette situation, l’invité de la radio dira : «On n’a pas su déployer et coordonner sur le terrain cette stratégie». Il a mis en cause, également, «le non-respect de la méthodologie adoptée dans les textes et le détournement des terres agricoles à des fins non acceptables».

Samira Saïdj