Une foule immense a accompagné, mardi dernier, le moudjahid Chabane Mohand Arezki à sa dernière demeure, au cimetière de Tamassit dans la commune des Aghribs. Les compagnons d’armes du défunt, les autorités locales, les représentants de l’organisation nationale des moudjahidin (ONM) et de nombreux anonymes ont tenu à rendre un dernier hommage à un valeureux moudjahid dont le courage, l’abnégation et le sens du sacrifice durant la guerre de Libération pour une Algérie libre et indépendante sont unanimement reconnus. Des prises de parole de ceux qui l’ont côtoyé ont retracé le parcours d’un homme simple mais dont la détermination et le courage à affronter les missions les plus difficiles ont fait de lui une référence et une personne très estimée. Issu d’une famille révolutionnaire qui a donné une trentaine de martyrs dont un enfant d’une douzaine d’années qui eut subtilisé l’arme de son enseignant pour le remettre aux moudjahidins avant d’être abattu par des soldats français, Mohand Arezki Chabane a commencé comme moussebil avant de se voir confier la délicate mission d’assurer les liaisons. Infatigable, il dévalait des distances pour effectuer des liaisons ou servir de guide dans un environnement difficile avec les nombreuses opérations militaires de grande envergure lancées par l’armée française en Kabylie, les camps de concentration qui visaient à isoler les maquisards de la population, ainsi que les délateurs que l’armée de l’occupation avait recruté. C’était pendant l’opération jumelle, aux environs du village Ibeskrien, village de Didouche Mourad, situé au cœur de massif de Tamgout N’ath Djenad, que feu Mohand Arezki Chabane en compagnie de nombreux moudjahidins tombent sur une embuscade. Il perdit sa jambe suite à l’explosion d’une mine antipersonnel.
A. I.

