Essai concluant pour les pompiers et le CHU

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Va-et-vient incessants d’ambulances, hier matin à Tizi-Ouzou, du côté de l’hôpital Nedir Mohamed. Le bruit strident des sirènes a alourdi encore plus l’atmosphère déjà pesante de la ville.

Des policiers sur le qui-vive pour fluidifier la circulation automobile sur le tronçon menant du lieudit «Les Chabane», à l’entrée Est de la ville des Genêts, vers le CHU Nedir Mohamed. Des renforts, venant de plusieurs unités de la wilaya, convergent vers le même lieu. Ce qui a créé une peur-panique au sein de la population. L’information courait sur une grande catastrophe survenue dans un bâtiment dans une nouvelle cité en construction à la périphérie de la ville. Mais personne n’était en mesure de préciser la nature de la catastrophe. A l’hôpital, c’est le branle-bas de combat. Toutes les équipes étaient mobilisées pour accueillir les victimes de ce drame qui venait de se produire aux premières heures de la matinée d’hier. Que ce soit la Protection civile ou le CHU, on a même fait appel au personnel en congé ou en récupération. C’est que l’incident annoncé par les pompiers consiste en une grande explosion dans un immeuble de six étages, suivie d’un effondrement. Une scène horrible à laquelle attendaient d’être confrontés pompiers, médecins, infirmiers et policiers, tous mis en branle par un message d’alerte fabriqué dans une grande discrétion par un groupe très restreint d’officiers de la Protection civile de Tizi-Ouzou pour tester la réaction de l’ensemble des services et institutions devant intervenir en cas de survenue d’un tel drame. Sur les lieux, vers où nous sommes invités par le chargé de la communication de la PC, le capitaine Kamel Bouchakour, la scène paraît plutôt réaliste tant les policiers présents sur les voies étaient à bout des nerfs. Ils sont chargés de réguler la circulation automobile sur l’une des voies les plus fréquentées de la wilaya, la RN12 en l’occurrence, tout en garantissant l’accès rapide aux secours et l’évacuation sans peine des victimes dans les ambulances de la Protection civile et celles du CHU. Sur place, le décor est surréaliste : plusieurs dizaines de pompiers s’affairent à secourir des personnes piégées dans le bâtiment en question. D’autres courent dans tous les sens, chacun semblant savoir ce qu’il fait et ce qu’il doit apporter à la mission de sauvetage. Ce branle-bas crée, d’ailleurs, par moments, des soulèvements de poussières. Un élément qui donne du tonus aux secouristes, mais qui contribue à nourrir l’inquiétude des citoyens de passage à proximité de la scène. Certains n’hésitent d’ailleurs pas à interroger les policiers se trouvant sur la voie. Ces derniers répondent avec des gestes, pressant les curieux de dégager le bitume et laisser place aux ambulances qui évacuent les «victimes». «Nous avons préparé cette mise en scène dans une totale discrétion. Hormis notre colonel qui était informé d’avance, nous sommes juste une petite poignée d’officiers qui était au courant de cette opération. Nous voulions vraiment tester la réaction de nos éléments, mais aussi celle du personnel de l’hôpital et de la police nationale», nous révèle sur place le capitaine Bouchakour.

Faire face à l’effet de surprise

Le capitaine précise que «la réussite de cette simulation de catastrophe passe inévitablement par l’effet de surprise à tous les niveaux des institutions qui ont la mission d’apporter secours et garantir la sécurité aux citoyens». Pendant qu’une quinzaine de pompiers s’affairent à simuler l’évacuation des dernières victimes des décombres du bâtiment, mis à la disposition de la Protection civile par son constructeur, M. Azlef, un autre groupe de civils étaient postés à une trentaine de mètres de la scène, scrutant d’un œil attentif l’opération de sauvetage. Il s’agit de stagiaires en secourisme devant constituer le réservoir de secouristes bénévoles de la Protection civile. «On nous a amenés ici pour nous montrer comment nous devons intervenir en cas de vraie catastrophe. Nous sommes en train d’assister à la pratique de ce que nous avons appris en théorie», nous dira Soraya, jeune apprenante. «Je viens d’apprendre beaucoup de choses en vrai, une véritable pratique de ce que nous avons appris en théorie dans l’unité principale de la Protection civile. Mes copains et moi sommes très motivés et prêts à mener la mission pour laquelle on nous a formés», dira pour sa part Dyhia. Son camarade de classe, Abdelhak, abondera dans son sens, avec le même enthousiasme : «Nous sommes prêts à être volontaires pour porter secours et prêter main forte aux pompiers qui font un travail pénible pour sauver des vies». Sous la tente du poste médical avancé (PMA), une équipe médicale de la PC est sur les nerfs, elle doit prodiguer les premiers soins aux blessés mais surtout établir une fiche détaillée du premier diagnostic de «la victime», avant de la transporter vers le CHU. «Le médecin de la Protection civile doit d’abord établir un diagnostic et porter tous les éléments sur un badge que l’équipe médicale récipiendaire au CHU doit trouver sur la victime. Cela facilitera le travail d’orientation vers le service médical devant la prendre en charge», souligne encore le capitaine Kamel Bouchakour. «Le scénario d’aujourd’hui, qui consiste en une explosion suivie de l’effondrement d’une bâtisse, vise à tester la capacité de réponse de nos éléments. Nous avons, pour ce faire, mobilisé notre unité principale avec son effectif et matériel au complet, et nous avons sollicité le renfort d’autres unités pour la prise en charge de cette catastrophe. Cela nous a surtout permis de tester les capacités technique de nos agents à intervenir sous les décombres et dégager les victimes en présence d’un médecin qui coordonne l’opération de dégagement», explique encore l’officier. Une centaine de pompiers, tous grades confondus, cinq camions d’incendies, y compris le camion modulaire équipé d’un matériel spécifique, et les ambulances de la protection civile, y compris celles de réserve, ont été mobilisés, ainsi que le renfort de quelques unités, notamment celle de Draâ Ben-Khedda», détaille le capitaine Bouchakour, qui souligne la réussite de la simulation à tous les niveaux : «L’opération est concluante à tous les niveaux des interventions, qu’elles soient à notre niveau ou dans les différents services médicaux et chirurgicaux du CHU, ainsi qu’au niveau de l’intervention de la police», dira encore notre interlocuteur.

M. A. Temmar

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