Deux ans de retard et le chantier toujours à la traîne

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Les travaux de remise à niveau et de modernisation du tronçon de l’autoroute Est-Ouest qui relie Bouira à Lakhdaria, sur près de 33 km, piétinent.

La livraison risque encore une fois d’être reportée, à cause de l’important retard qu’accusent les trois dernières parties du projet. Prévue initialement pour décembre 2017, la fin des travaux fut finalement reportée au mois dernier. Cependant, trois mois après la fin du deuxième délai, les travaux traînent toujours.

Si la vingtaine de kilomètres, entre Djebahia et Lakhdaria, ont été pratiquement achevés et livrés, avec la remise à neuf de la chaussée et la prise en charge des glissements de terrain, la deuxième partie, entre Bouira et Djebahia, n’a toujours pas été finie. Pour rappel, ce projet, qui a été confié à plusieurs entreprises, dont une étrangère, est constitué de trois chapitres.

Il s’agit en outre de la réhabilitation et de la modernisation des deux tubes du tunnel de Djebahia, ainsi que de la remise à niveau de tronçons routiers : un premier de 3 km près du viaduc d’Aïn-Chriki et un deuxième de 10 km à hauteur de la localité de Nessis, près de la ville de Bouira.

Concernant la première partie, celle pour la modernisation du tunnel de Djebahia, un projet qui a nécessité plus de 11 millions d’euros, le groupement d’entreprise algéro-espagnol n’en a toujours pas finalisé la deuxième partie. En raison de la non-conformité de cet ouvrage, mis en service en 2009, avec les normes modernes de la sécurité routière et aussi pour la dégradation de certains aspects de sa structure, le nouveau plan de charge de ce projet porte principalement sur la mise en place d’un système de détection automatique d’incidents, une surveillance par Caméra TV, des systèmes de signalisation, de détection d’incendie, de communication et de contrôle d’éclairage, de ventilation et des postes de secours, en plus de l’installation des équipements de contrôle pour automatiser la gestion du trafic dans les tubes du tunnel et la mise à disposition d’informations en temps réel, afin de faciliter la prise de décisions au quotidien et en situation d’urgence.

Le délai initial de ce projet, lancé au mois de septembre 2015, était de 15 mois seulement. Cependant, près de trois années après la fin de ce délai, le tunnel n’a toujours pas été remis entièrement à la circulation et les travaux n’ont été achevés que sur le premier tube du tunnel dans le sens Alger – Bouira. Sur le second tube, où les travaux se poursuivent, la circulation est réduite à deux voies uniquement, ce qui crée un énorme risque d’accidents et de carambolages et, très souvent, d’importants embouteillages.

Idem pour les deux autres tronçons de ce projet (3 km près du viaduc d’Aïn-Chriki et 10 km à hauteur de la localité de Nessis), où les travaux piétinent toujours. Pour rappel, une enveloppe de 13,5 milliards de dinars a été réservée pour ces deux derniers projets, lancés en juin 2016 et dont les délais initiaux ne devaient pas dépasser les 14 mois. Au niveau de ces trois chantiers, qui avancent lentement sous circulation, les déviations ‘’temporaires’’ du trafic routier perdurent aussi. Les plaques de signalisations et l’éclairage font défaut.

Ces déviations créent quotidiennement des embouteillages monstres dans les deux sens de l’autoroute. Chaque jour, des milliers d’automobilistes sont pris au piège de ces embouteillages, qui se forment durant les heures de pointe, les weekends ou les débuts de semaines.

Des embouteillages sont aussi signalés de nuit, avec la multiplication du nombre d’accidents, dus au rétrécissement de la route à plusieurs niveaux, au manque d’éclairage et surtout au non-respect des consignes des travaux et du code de la route. Selon les statistiques de la DTP de Bouira et de l’Agence nationale des autoroutes (ANA), cet important tronçon autoroutier enregistre quotidiennement le passage de plus de 45 000 véhicules, dont 35 % de poids lourds.

Oussama Khitouche

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