La ville de Bouira vit, ces jours-ci, une situation peu ordinaire et un climat d’effervescence tout à fait inhabituel a fini par s’emparer d’une bonne partie de la population en raison des attributions de logements survenues ces derniers temps. Cela dit, il y a deux semaines, l’AADL qui n’avait pas jugé utile de rendre publique la liste des premiers bénéficiaires de logements, en procédant à son affichage, avait envoyé par la poste des correspondances individuelles à ses clients pour leur annoncer la nouvelle. Cette procédure peu originale, du fait qu’elle n’avantage nullement la transparence, n’a pas manqué toutefois de soulever un véritable tollé dans les milieux des non bénéficiaires. Et pas seulement ces derniers, car à présent les discussions entre les citoyens tournent uniquement sur la manière et les critères retenus et sur la base desquels la liste des bénéficiaires à été confectionnée. D’autant plus que sur les 300 clients ayant tous versé leur quote-part exigée, uniquement 132 ont été choisis pour figurer sur la liste de la première tranche de logements finalisés. Pour l’heure, l’agence serait en train d’étudier les recours introduits, mais cela n’exclut pas que certaines personnes recalées soient prêtes à tout pour faire toute la lumière sur “l’arbitraire qui a marqué cette attribution… Nous sommes prêts à saisir la justice et aller jusqu’au bout pour faire valoir nos droits”, diront certains mécontents qui affirment néanmoins être en possession de preuves tangibles sur les passe-droits et le favoritisme qui auraient entaché cette opération. Dimanche dernier, la commission de distribution de logements sociaux avait de son côté affiché la liste de 260 bénéficiaires choisis sur un total de 8500 demandes déposées. Et quand bien même la liste a été jugée positive et favorable, il n’en demeure pas moins que l’affichage avait suscité une vague de mécontentements. Les citoyens qui se sont sentis lésés ont frappé à toutes les portes de l’administration et des promesses leurs ont été données par les autorités locales et le wali pour revoir les cas de dépassements à la lumière des recours introduits. Cela dit, certaines familles de l’ex-cité ouest, rasée en 2000 ne sont toujours pas casées, à ce jour, bien qu’elles soient en possession de document (P.V de l’APC) mentionnant leur relogement dans la prochaine attribution. Ce qui n’a pas été le cas, et le désespoir est grand chez ces familles qui ne cessent de crier leur désarroi face à ce qu’elles qualifient de “Hogra”. De même pour certains retraités de l’éducation qui avaient pourtant obtenu, au moment de leur délogement, des promesses pour la prise en charge de leurs dossiers au niveau du social. Mais entre les promesses des responsables et l’amère réalité qui s’abat sur les concernés, il y a certainement beaucoup de zones d’ombre à élucider.
Anis S.
