Aokas – L’administration locale paralysée

Après avoir tapé à toutes les portes et suite à deux réunions tenues conjointement par leurs bureaux d’associations, les habitants des quartiers d’Alioune et Taremant sont passés, hier, à la vitesse supérieure. En effet, les villageois ont procédé à la fermeture du siège de la daïra, de la mairie et de son annexe ainsi que les sièges des agences ADE et SDE. Ils ont paralysé toute l’administration de la localité d’Aokas pour faire part de leur ras-le-bol. «Non à la marginalisation de mon quartier», «Halte aux promesses mensongères» sont, entre autres, les slogans transcrits sur les banderoles et pancartes affichées au niveau du siège de l’APC, une administration sensée être au service du citoyen et gérée par leurs représentants élus. «Nous ne pouvons plus continuer à vivre dans de telles conditions. La route menant à nos quartiers a été bitumée il y a trois décennies de cela et non seulement elle est détériorée mais aussi elle a été endommagée davantage par les travaux de gaz de ville sans qu’ils ne soient achevés d’ailleurs. Certains foyers sont branchés et d’autres non. Une anarchie caractérise également le réseau du gaz de ville», dira Djamel, l’un des protestataires rencontrés devant le siège de l’APC. Et de poursuivre : «Il y a aussi le problème d’eau qui ne coule dans les robinets qu’un jour sur deux et parfois au bout d’un temps beaucoup plus long sans oublier le problème de l’assainissement. Les eaux usées se déversent dans les champs portant atteinte à l’agriculture, par ricochet à la santé de la population». Notre interlocuteur relèvera, aussi, le problème des accès menant aux différentes habitations qui peuvent être bitumés ou tout au moins bétonnés pour améliorer les conditions de vie des citoyens. Rabah, du village voisin de Taremant, faisant partie des bénévoles chargés de bloquer l’accès au siège de la daïra, dira que ce sont les mêmes problèmes qui sont rencontrés par les habitants de ces deux quartiers voisins et peut être même par l’ensemble de la population d’Aokas qui n’a pourtant pas jugé utile de soutenir cette action. Alors que devant chaque administration fermée, il y avait un groupe d’habitants qui bloquait l’accès, Rabah et ses amis étaient devant le siège de daïra où une délégation citoyenne était en réunion avec la cheffe de daïra, le maire et les représentants de la SDE et de l’ADE. Selon un citoyen présent sur les lieux, le directeur de l’agence ADE aurait rebroussé chemin en arrivant devant la daïra et il n’aurait pas assisté à la réunion. Pourtant, c’est son administration qui est la plus décriée tellement les pénuries d’eau perdurent au point où certains foyers, de villages différents, n’ont aucune goutte d’eau depuis mercredi dernier. Rabah dira que si jamais aucune suite n’est donnée aux réclamations citoyennes, «les protestataires réinvestiront l’administration locale quitte à le faire pendant plusieurs jours et ce jusqu’à satisfaction totale de leurs revendications». À leur sortie du siège de la daïra, vers midi, les membres de la délégation ont rendu compte de la réunion en déclarant que pour le gaz de ville, «le problème sera réglé dans les 72 heures alors que pour la route, la solution ne pourrait intervenir avant le mois de novembre prochain». La population s’est dirigée vers la mairie pour tenir une autre réunion avec le maire afin d’essayer de trouver un terrain d’entente.

A. Gana