C’est devenu, ces derniers temps, une coutume. Des centaines de logements sont affectés à des citoyens mais ils ne sont pas occupés. L’exemple nous vient de la commune de Ain Zaouia où 95 logements sociaux ont été attribués définitivement à des familles qui sont dans le besoin extrême depuis 2016 après que la liste établie en 2014 eut été étudiée, puis validée. Mais, depuis, ces familles ne savent plus à quelle autorité s’adresser. Leur dernier rassemblement devant l’APC le premier juillet dernier est sans suite. «Écoutez, nous avons tenté de fermer l’APC mais avec l’intervention des services de sécurité nous nous sommes contentés d’un rassemblement en face de la mairie. Le maire nous avait reçus et nous a répondu qu’il ne pouvait rien faire parce que l’affaire de l’entreprise à laquelle a été résilié le marché et l’OPGI est en justice. L’entreprise avait refusé de payer les pénalités de retard. Aujourd’hui, les logements sont dans un état d’abandon. Notre APC n’a pas d’exécutif et les pouvoirs sont confiés au chef de daïra. Vraiment, nous ne savons plus quoi faire. Certains d’entre eux paient le loyer et à chaque fois ils sont obligés de renouveler leur bail parce que la situation de ces logements n’est pas claire», se lamentera un bénéficiaire qui nous a contactés. Notre interlocuteur et les autres bénéficiaires interpellent le wali afin de trouver une solution à ce problème épineux qui leur cause d’énormes désagréments de jour en jour. «Nous appelons de vive voix monsieur le wali et même le ministre de l’Habitat de faire quelque chose. Quand allons-nous habiter ces logements?», nous interrogeront-ils. Pourtant, il a été promis aux bénéficiaires que les 40 logements réalisés dans le programme du RHP allaient leur être attribués et dans le site des 95 logements, 40 autres étaient prêts. Donc, quatre-vingts familles seront relogées en attendant de dégager quinze autres unités. «Nous avons eu la promesse, mais jusqu’à ce jour, rien n’a été fait à ce sujet. Est-ce seulement pour nous calmer?», se demandera un autre bénéficiaire. Ce problème doit trouver sa solution d’autant plus que l’affaire est, disent-ils, devant la cour suprême. «Cela prendra beaucoup de temps», soulignera un autre père de famille. En tout cas, cette situation pénalise ces familles qui avaient cru au lendemain de la validation de la liste qu’elles n’allaient pas attendre tant d’années pour habiter ces logements.
Amar Ouramdane
