À quelques semaines du début des récoltes – On y prépare les oliviers

Les pluies automnales même si elles sont parfois à l’origine de nombreux dégâts dans les villes du fait des inondations qu’elles provoquent, notamment dans les quartiers comme Remla ou Tala-Merkha à Béjaïa, sont en revanche attendues avec beaucoup d’impatience par les fellahs dans les campagnes. D’abord, elles vont arroser les oliviers ce qui fait grossir et gorger d’huile les pulpes des fruits, ensuite les précipitations d’automne feront aussi adoucir les épines des chardons et celles des autres plantes qui ont poussé sous les oliviers durant le printemps dernier. Dans l’arrière pays de Béjaïa, contrairement à la haute Soummam, la cueillette des olives est pour la fin du mois d’octobre. Il est donc grand temps de préparer les arbres pour la révolte. Préparation qui consiste à enlever toutes les mauvaises herbes qui ont poussé sous les oliviers pour permettre la pose des filets de récolte ou le ramassage de grains après le gaulage. Donc à la faveur des derniers orages qui ont rendu les épines des plantes moins agressives, les fellahs, armés de leurs outils de travail comme la faucille pour les herbes, le sécateur pour les rejets et le radeau pour amener au loin tout ce qui a été coupé, partent tôt le matin vers leurs champs d’oliviers. Le bon fellah n’attend pas la dernière minute pour visiter ses oliviers. Le bon fellah, soulignent les vieux du village, est celui qui aime ses oliviers, qui les nettoie constamment, qui ne laisse pas les mauvaises herbes les envahir, qui les taille au moment opportun et qui se donne la peine de creuser de profondes fosses à leur pied pour leur permettre d’emmagasiner les eaux de pluie. Dommage ! S’indigne-t-on que les propriétaires des oliviers séculaires ne les visitent qu’au moment de la récolte.

B. Mouhoub