Une cérémonie d’immolation pour se regrouper

Les habitants d’Ath Aâli Outhmim, village implanté au pied du majestueux col de Lala Khadidja, à cinq kilomètres à la sortie-est du chef-lieu de la commune de Saharidj, qui est complètement déserté par ses habitants qui sont éparpillés aux quatre coins de la daïra de M’chedellah depuis 1958, date où il a subi une opération de destruction opérée par l’armée coloniale, ont gardé tant bien que mal le contact entre eux et même réussi la prouesse de créer une association de village. Grâce à ses efforts une grandiose cérémonie d’immolation (Thimechret) a été organisée et préparée à l’occasion de Mawlid (lundi dernier) à laquelle ont répondu présents tous les villageois tant par leur présence physique que par leurs contributions individuelles à financer l’achat des bêtes à sacrifier. La collecte a même fait ressortir un excédent de plus de vingt millions de centimes versé au compte de l’association. En plus de la quasi-totalité des villageois venus de divers endroits, des délégations importantes ont été conviées à l’image de celle de l’APW représentée par le chef de cabinet de la wilaya et un représentant de l’ONM. Pas moins de quatre taureaux ont été égorgés, soit une quantité globale de 1700 kilogrammes de viande, et chaque chef de famille a eu sa ration. A noter que mise à part la répartition des quotes-parts confiées à un vieux du village, toute l’opération a été prise en charge par des jeunes (dépouillage, dépeçage…) C’est dans une ambiance de fête que les Ath Aâli Outhmim se sont retrouvés dans leur ancien village dont les ruines sont encore visibles. « Il faut dire qu’on se voit très rarement et que nos enfants ne se connaissent même pas », nous lança Ami Mohand, un vieillard du village, la gorge nouée par l’émotion et visiblement secoué par de vieux souvenirs qui se réveillent en lui, une émotion apparente sur tous les visages des personnes âgées. Tous les villageois partagent à l’unanimité le même désir : celui de se regrouper de nouveau dans ce village qui renferme toute l’histoire. Ils interpellent ainsi les autorités compétentes pour leur venir en aide, en vue de la reconstruction du village d’Ath Aâli Outhmim.

Omar Soualah