L'élevage avicole en débat

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En collaboration avec l’inspection vétérinaire de la direction des services agricoles de la wilaya de Tizi-Ouzou, la subdivision agricole de Tizi-Gheniff a organisé, avant-hier à la bibliothèque communale, une journée d’information sur l’aviculture. Ont pris part à cette rencontre les élus des APC de Tizi-Gheniff et de M’Kira, ainsi que les aviculteurs de Tizi-Gheniff, Draâ El-Mizan et Boghni. «C’est une filière mal organisée. Mais, on essaiera de vous donner des orientations afin de bien l’encadrer, d’autant plus que certains éleveurs ont les certificats sanitaires. Il est, donc, temps de réfléchir à la professionnalisation de ce créneau», dira s’emblée M. Hakima Aliouane, subdivisionnaire agricole, à l’adresse des aviculteurs. Du côté de l’inspection vétérinaire de la DSA, Mme Lekhal est intervenue sur plusieurs points : «C’est une filière difficile surtout que de nombreux éleveurs investissent dans ce créneau sans connaître les conditions dans lesquelles ils devraient agir», reconnaîtra l’intervenante. De fil en aiguille, elle insistera sur les points les plus essentiels selon elle : «Sachant que l’aviculture est complexe et sensible, elle est soumise à l’agrément sanitaire», soulignera-t-elle, avant d’énumérer toutes les démarches à suivre pour obtenir ce fameux sésame : «Les bâtiments d’élevage, soit en dur, soit en serres avicoles, doivent répondre à toutes les normes nécessaires pour un bon rendement», dira-t-elle. Mme Lekhel expliquera aux éleveurs que, par exemple, pour une capacité de 5 000 poussins, ils devront avoir un avis favorable de l’APC avant le passage du vétérinaire de la subdivision. «Entre 5 000 et 20 000 sujets, une autorisation de l’APC est obligatoire. Plus de 20 000 poussins, ce sera une autorisation de la wilaya. Sans ces documents, vous ne recevrez aucun vétérinaire pour l’établissement de l’agrément sanitaire», explique-t-elle. Dans son intervention, la représente de l’inspection vétérinaire de la wilaya fera savoir qu’une fois le vétérinaire a dressé un P-V de conformité, les éleveurs ont le plein droit d’avoir une copie de ce document. En outre, elle insistera sur l’impératif d’un planning de suivi, recommandant d’avoir un vétérinaire privé qui portera les vaccins, les antibiotiques administrés sur un registre. Une traçabilité importante quand on sait que nombreux sont les éleveurs qui passent d’un antibiotique à un autre. «Ne changez pas d’antibiotique sans attendre le délai d’attente. Au cas où vous changerez de praticien, il faut mettre à la disposition du nouveau le registre établi par l’ancien. C’est primordial !», insiste-t-elle. Mme Lekhal affirme que le respect des normes d’élevage est une condition sine qua none pour la réussite dans cette filière. «Sinon, tout l’argent que vous investissez est comme jeté par la fenêtre», conclura-t-elle avant d’ouvrir les débats. S’il est vrai que cette représentante de l’inspection des services vétérinaires de la DSA a explicité tout ce qu’il convient pour réussir dans cette filière, les éleveurs, eux, ont exposé d’autres problèmes concernant, notamment, les procédures pour accéder au crédit bancaire, expliquant que certains documents demandés ne sont pas faciles à se procurer. Ils reviendront aussi sur la cherté aussi bien des poussins et des aliments et que des vaccins et soins. «C’est une filière qui agit dans l’informel. Il est temps de la professionnaliser en suivant toutes les recommandations et les orientations qui vous ont été données», insiste Hakima Aliouane, reconnaissant toutefois qu’un semblant d’organisation commence à s’opérer.

A. O.

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