L’écriteau : «Bureau de poste sinistré, se présenter à l’autre poste» informe les citoyens d’Aïn El-Hammam de la fermeture de leur bonne vieille poste pour une durée indéterminée. L’état de dégradation dans lequel se trouvent les locaux a enfin attiré l’attention des responsables d’Algérie-Poste qui viennent de prendre le taureau par les cornes. En effet, afin d’éviter que des accidents arrivent au sein de leur structure, en proie à l’usure, ils ont décidé de délocaliser le service vers la poste d’Aït Sidi Saïd, mise en fonction il y a quelques années seulement, comme soupape de sécurité à l’ancien bureau. Très spacieux et aérés, les nouveaux locaux pourraient recevoir un nombre de guichets capable de répondre à la demande de la clientèle, en attendant une autre structure qui la soulagerait. Sur place, il a été constaté beaucoup de manques qui risqueraient d’entraver la bonne marche du service. Deux lampes seulement, qui éclairent uniquement deux guichetiers, étaient allumées. Les autres bureaux demeurent dans la pénombre pour le moment, et surtout glacés en ce début d’hiver. Le chauffage central, dont l’installation existe, ne fonctionne pas, faute de branchement au gaz de ville, dit-on. En plus du manque d’éclairage dont se plaignent les usagers et fonctionnaires, les robinets de la structure des ex-PTT sont à secs. Ce qui conduit le personnel à chercher les sanitaires ailleurs. Par ailleurs, le plus grave pour une structure dotée d’un réseau informatique, est la connexion internet limitée au strict minimum, puisque deux visionneuses seulement peuvent fonctionner avec… une clé internet USB. Difficile de travailler dans ces conditions, à moins qu’Actel ne consente à doter le bureau de l’ADSL. Même avec les moyens dont l’ancienne poste était dotée, la clientèle, sans cesse exigeante, criait au scandale à la moindre panne d’électricité ou d’Internet. On se demande, alors, comment les deux guichets payeurs pourraient arriver à contenter les retraités si d’ici le 19 du mois, jour des virements des retraites, la situation ne s’améliore pas. En attendant, les employés ne disposant pas de micro-ordinateurs s’affairaient à déplacer les meubles et à se trouver un coin de travail. Dans le hall d’attente, un tas de vieux meubles détériorés occupent un coin qui pourrait être muni de bancs, de lumière et de chauffage pour le repos des personnes âgées et des malades. Est-ce à dire que les employés ont quitté une poste sinistrée vers une autre également …sinistrée ? Pour le moment, personne ne sait si Algérie-Poste envisage de réhabiliter ses locaux ou non. Une chose est sûre cependant, l’unique poste d’Aït Sidi Saïd, située à l’écart de la ville, ne peut, à elle seule, répondre à la demande des centaines de clients qui s’y présentent quotidiennement. Notons que la distribution du courrier en attente est effectuée à l’ancienne poste… par la fenêtre.
A. O. T.
