Afin de réclamer l’annulation de la liste des prés-bénéficiaires des 100 logements sociaux, rendue publique avant-hier dimanche, plusieurs dizaines de demandeurs de logements de la commune d’Aïn El Hadjar ont procédé, tôt durant la matinée d’hier, à la fermeture de la route nationale N°18, à hauteur du chef-lieu de cette commune, située à une dizaine de kilomètres à l’ouest du chef-lieu de la wilaya de Bouira. En effet, les manifestants ont usé de pneus brûlés, de grosses pierres et de plusieurs objets métalliques afin de barrer cette importante route qui relie les wilayas de l’ouest du pays à l’autoroute Est-Ouest. Un important embouteillage s’est formé sur cette route dès 8h, et des centaines d’automobilistes sont restés bloqués dans les deux sens de cette route. Pour les protestataires, il s’agit d’un «cri de détresse» à l’attention des autorités de la wilaya et de la daïra d’Aïn-Bessem, pour qu’elles interviennent pour annuler la liste des logements sociaux adoptée par les responsables de l’APC. Selon-eux, les critères exigées pour l’attribution de cette formule de logement n’ont pas été respectées par la commission locale du logement. Ces derniers affirment aussi que la majorité des bénéficiaires seraient détenteurs d’un logement ou étrangers à la commune. À titre d’exemple, les protestataires ont soulevé le problème des habitants de l’ancien camp colonial Ait Amar Ben-Amar, dont les résidents ne sont toujours pas relogés à ce jour, alors qu’ils occupent des baraques de fortune depuis les années 1950 : «C’est une injustice ! La majorité des bénéficiaires n’ont pas besoin d’un logement de cette formule. La majorité des cas nécessiteux de notre commune n’ont pas bénéficié d’un logement. Nous réclamons l’annulation de cette liste ainsi que l’ouverture d’une enquête par la wali de Bouira, afin de déterminer les circonstances exactes dans lesquelles cette liste a été élaborée», réclame un jeune contestataire que nous avons abordé sur place hier matin. Notre interlocuteur ajoute que le maire d’Aïn El Hadjar n’a même pas réservé une journée de réception pour recevoir les recours et les doléances des nombreux citoyens non-retenus sur cette liste. À midi, les protestataires campaient toujours sur leur position et réclamaient la venue du wali de Bouira sur les lieux afin de rouvrir la route.
Oussama K.
