Belkacem Guessoum, maire de Tidjelabine – «Voilà les raisons de ma démission»

Le P/APC de Tidjelabine, Bekacem Guessoum du Mouvement populaire algérien (MPA) a démissionné de ses fonctions, vendredi soir, selon une publication sur la page facebook du parti au niveau de cette commune. «Chers citoyens et citoyennes de la commune de Tidjelabine, je vous informe de ma démission en tant que P/APC et les raisons sont connues », a-t-il écrit ans un post sur les réseaux sociaux. Cette démission intervient près d’un mois après le conflit avec le wali de Boumerdès, Mohamed Salmani sur le sujet de la démolition des constructions illicites sur le territoire de la localité. Le maire avait refusé l’application de la décision de démolition des habitations de fortunes érigées dans plusieurs sites notamment au niveau de lieudit Alliliguia Ouest qui abritait auparavant des chalets du séisme de 2003. Le P/APC, qui n’a pas apprécié la décision et la manière dont elle a été prise, a refusé, devant une foule nombreuse rassemblée devant le siège de l’APC, d’appliquer cette décision sans aucune autre alternative. «Toutes les décisions du wali concernant la démolition de ces bâtisses sont refusées tant qu’il n’existe pas d’alternative aux occupants», a-t-il déclaré devant les habitants des bidonvilles qui manifestaient alors leur colère contre la décision du wali. Ce dernier avait lancé au P/APC «démoli et je vais te démolir», selon le maire, rencontré à Boumerdès. S’étant senti maltraité, le P/APC a réagi en refusant en bloc toutes les décisions émanant de wali. Près d’une dizaine de site de bidonvilles sont recensés à travers la commune notamment du côté de la RN5, à proximité du marché de voitures d’occasion et au niveau de la voie ferrée. Près de 1 300 familles continuent à vivoter dans des bâtisses de fortunes. La commune a bénéficié d’un projet de 300 logements sociaux pour recaser les 430 habitants des chalets. Récemment, une rencontre de réconciliation a eu lieu entre les deux hommes au niveau du siège de la wilaya. Mais qu’est ce qui pousse le P/APC à démissionner alors ? Certains avancent que les pressions exercées sur le P/APC, notamment au sujet du marché hebdomadaire de voitures d’occasions sont, entres autres, les raisons de cette démission qui ne cache pas l’implication des milieux mafieux et affairistes qui veulent mettre la main sur le foncier dans la région. Depuis la fin de la concession du marché de voitures à un privé, cet endroit est géré par l’APC qui déploie chaque samedi ses agents pour le maintenir ouvert, d’autant plus que des entrées en recettes importantes sont générées. «Ces derniers mois, nous avons pu récupérer plusieurs millions de DA qui partaient en fumée en raison des malversations dans la gestion de ce marché», nous dira le désormais ex-P/APC. Du côté juridique, la démission du P/APC de ses fonctions n’est pas officielle. L’article 73 du code communal alinéa 11-10 du 22 Juin 2011, stipule qu’une démission n’est effective que si elle respecte des procédures bien définies, notamment avec délibération au niveau de l’assemblée populaire communale et sanctionnée par un PV envoyé aux autorités de wilaya. Ladite délibération doit être affichée pour information aux citoyens. L’article 72 du même code stipule la nomination d’un intérimaire dans un délai de dix jours suivant la démission, avant de choisir un nouveau P/APC de la liste majoritaire ayant obtenu plus de sièges et du moins âgé entre les élus.

Youcef Z.