Le directeur de la culture de la wilaya de Béjaïa, Aomar Regal, informe que «l'ancien palais de justice de Béjaïa sera érigé en institut régional de musique à partir de septembre prochain».
Il emploiera quelque 65 fonctionnaires entre enseignants et personnel administratif. Sa capacité en places pédagogiques sera de l’ordre de 120 étudiants qui sortiront de l’institut avec un niveau de technicien supérieur en musique. Les travaux d’aménagement de l’ancien tribunal en école de musique sont achevés à 70 %, selon le directeur. Il ne resterait que la peinture, la pose des faux-plafonds et quelques petits travaux d’embellissements à terminer. Et comme le travail avance bien, d’ici septembre, l’entreprise a largement le temps de livrer l’ensemble du bâtiment. L’établissement sera provisoirement rattaché à l’Institut régional de musique de Bouira et deviendra indépendant dès la sortie de la première promotion. Le rattachement à l’Institut de Bouira a été retenu, précise le directeur de la culture, en raison de l’ancienneté de celui-ci qui existe depuis 1978, qui a des traditions et une grande expérience dans la gestion des instituts de musique puisqu’il a eu par le passé à gérer ceux de Tizi-Ouzou, Jijel et Laghouat. L’intention de restaurer l’ancien palais, ce joyau architectural, situé sur le front de mer, au cœur de la ville, remonte à 2004, lorsque la ministre de l’époque, Mme Khalida Toumi, avait songé d’en faire une annexe de l’école des beaux-arts d’Alger. Mais ce fut un vœu pieu. Les lieux furent abandonnés aux intempéries et la nature faisant œuvre, l’aile Est de la bâtisse s’est effondrée le 8 mars 2011. L’opération de restauration a connu plusieurs arrêts car en plus de l’effondrement, il y a eu deux années d’arrêt pour cause de la nature du sol. Les travaux de restauration ont été relancés une nouvelle fois en date du 30 mars 2014, mais malheureusement ils furent encore bloqués pendant dix mois par une association culturelle qui a squatté les lieux. Lors de sa visite à Béjaïa le 21 décembre 2017, le secrétaire général du ministère de la Culture a constaté que malheureusement, faute d’arrêté de création, l’annexe de l’école des Beaux Arts ne pouvait se réaliser. Sans arrêté de création, l’annexe ne peut ni avoir un budget ni recruter du personnel. L’État a dégagé une enveloppe de 15 milliards de centimes, ce qui est beaucoup. Et l’essentiel est que la réalisation soit fonctionnelle. Le ministère a fini par opter pour la création d’un institut régional de musique. Pour la question d’arrêté de création et budget, il a trouvé la parade de le rattacher provisoirement à l’institut régional de musique de Bouira vu l’expérience de ce dernier. Le directeur de la direction de la culture souligne à ce sujet que «la décision de réaffectation du bâtiment en institut régional de musique a engendré la mise en place d’un nouveau programme qui répond aux exigences d’une école de musique, comme entre autres l’adaptation des locaux existants aux besoins pédagogiques de l’institut et leur l’isolation phonique et acoustique».
B. Mouhoub.

