L’habitat précaire constitue l’un des problèmes majeurs auxquels se trouvent confrontés toutes les collectivités locales au niveau de la wilaya de Bouira. A l’instar de la commune d’Ahnif, entre autres, concernée par ce lancinant problème qui met dans tous leurs états les habitants mal-logés. Ainsi, que ce soit dans les villages situés dans la région de Tamellaht, ou les localités d’Ighram, Aksim, Cheikh Left ou encore Ahnif-centre, l’habitat précaire y est omniprésent avec des habitations construites avec des objets hétéroclites ne résistant ni aux vents ni aux pluies. Au chef-lieu d’Ahnif, et précisément à « La cité de la gare », le plus ancien quartier de ce village, construit durant l’époque coloniale, on constate cet état de fait peu reluisant. Ce quartier était un centre de concentration durant la guerre de libération où tous les habitants des villages avoisinants, précisément ceux de Tamellaht ont été regroupés pour être surveillés, se remémore un septuagénaire qui a vécu cette époque charnière de la guerre de libération nationale. « La cité de la gare », est un quartier délabré, populaire et populeux. Il ne bénéficie malheureusement pas d’aménagements à voir l’état catastrophique dans lequel sont plongées ses ruelles étroites et non bitumées. Les lieux dégagent une vue de paupérisation, où les jeunes et les enfants s’ennuient surtout durant les vacances scolaires et les jours de repos, Aucun espace de loisir n’y est disponible comme les aires de jeux, les stades de proximité, ou autre structure dans ce sens. Depuis l’indépendance du pays, ce quartier n’a cessé de s’étirer dans tous les sens avec de nouvelles familles qui sont venues s’y installer, car à l’époque l’ex-Maillot Gare était un coin assez « confortable » avec une gare, une route très fréquentée, une école et un centre de santé. La résorption de l’habitat précaire a été de tout temps un casse-tête pour les collectivités locales, en ce sens que ce problème ne voit toujours pas le bout du tunnel avec les difficultés qui se dressent en obstacles, comme la rareté des terrains à bâtir pour asseoir de nouveaux parcs immobiliers dans le cadre du logement social. Par ailleurs, la réduction drastique des quotas de l’aide à l’habitat rural (Fonal) n’est pas sans conséquences néfastes sur l’amélioration des conditions de vie des citoyens de la localité qui aspirent à disposer d’un toit décent. Ainsi pour cette année, la commune n’a eu droit qu’à un quota de 80 logements ruraux. Ce qui est jugé bien évidement très insuffisant par les postulants qui se comptent par centaines au niveau de cette municipalité. Les demandeurs de l’aide à l’habitat rural espèrent que les autorités de wilaya augmenteraient le nombre d’aides pour satisfaire la demande en cette formule qui va crescendo.
Y. S.
