Il y a dix ans, le dimanche 16 avril 1996 disparaissait le petit écolier, Nekache Karim, né le 12 novembre 1988 donc à l’âge de huit ans alors qu’il était scolarisé en première année à l’école primaire de Tighilt-Bougueni, située à six cent mètres du domicile familial. Ce drame, jamais vécu de mémoire de tous les citoyens de cette commune, ne cesse depuis ce jour de tourmenter non seulement la famille de l’enfant mais également tous les citoyens. Que s’est-il passé en ce dimanche 16 avril 1996 ? En cette même matinée, le père Amar quitte la maison à 6h 40 mn pour rejoindre le collège « Frères Boufatteh », où il travaille comme ANS et qui est mitoyenne de l’école fréquentée par son fils. A l’occasion du « Youm El Ilm », un magicien est venu égayer les bambins par un spectacle donné dans la cour au profit des écoliers. A treize heures, de retour à la maison, le pauvre père ne trouve pas son fils mais il pensa qu’il s’était rendu chez sa tante qui habitait près de l’école. Mais à la surprise de toute la famille, le petit Karim qui n’avait pas pour habitude de tarder et traîner à l’extérieur, ne rentra pas comme prévu le soir. Alors, commencent les recherches. A l’école d’abord, où le père apprend que dans la matinée l’enseignant, qui avait en charge son enfant, était absent ce jour-là mais que son fils était parmi les spectateurs jusqu’à la fin du spectacle. Plusieurs témoignages collaboreront sur le fait que le petit Karim avait pris le chemin de l’école de Tighilt-Oukerrouch en suivant par derrière le prédigitateur qui devait s’y produire. D’ailleurs, plusieurs enfants avaient remarqué la présence de Karim derrière le portail ou le grillage de cette école située à deux kilomètres environ de la sienne. Le père, qui connaît bien son fils, s’était toujours demandé comment son fils qui ne s’aventurait jamais dans la rue avait bien pu faire ce long déplacement ?Des battues sont immédiatement déclenchées avec les jeunes villageois avant la tombée de la nuit. Ainsi, tous les ravins et bosquets ont été passés au crible mais sans aucun résultat alors que certains témoignages font état d’un conducteur d’une certaine R4, se dirigeant vers les Issers qui aurait kidnappé l’enfant. A partir de ce jour, toute la localité est en alerte, plusieurs colporteurs ont été éconduits à l’extérieur des limites territoriales alors que tous les étrangers sont placés sous surveillance. Pendant tout ce temps le pauvre père n’a’ pas cessé ses recherches en tapant à toutes les portes. Toute la presse n’a pas cessé de diffuser périodiquement l’avis de recherche. Maintenant, Karim, s’il est toujours vivant serait âgé de dix huit ans A cet âge ne peut-il pas rechercher sa famille ? Au demeurant, qu’en est-il maintenant de cette enquête sachant bien que les premiers enquêteurs qui avaient en main l’affaire avaient fort à faire en cette période surtout avec le terrorisme ou alors ont ils été mutés ailleurs ? Est-ce que toutes les pistes locales, à savoir celles des sorciers et sorcières, entre autres, ont été exploitées ?
Essaïd N’Aït Kaci
