La mortalité des parturientes inquiète

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Le bureau de Bouira du Syndicat national des praticiens spécialistes de la santé publique (SNPSSP) a organisé, hier, les 8es journées médico-chirurgicales au niveau de l’auditorium de l’université Akli Mohand Oulhadj.

Les thèmes abordés ont été d’un intérêt particulier auprès de plus d’une centaine de praticiens de toutes les wilayas qui avaient répondu présents. Ainsi, les différents acteurs de la santé publique, notamment ceux de Bouira, ont pu assister à des interventions riches d’éminents professeurs dans différentes spécialités.

Le docteur Ameziane, présidente du bureau de wilaya du syndicat national des praticiens spécialistes de la santé publique, s’est d’ailleurs félicitée de la réussite de ces journées nationales qui ont été organisées par le bureau de Bouira. Des interventions qui ont traité au cours de la première journée deux thèmes, à savoir les hémorragies du post-partum ainsi que les fractures des extrémités supérieures. Hier matin, pour la deuxième journée consécutive, les thèmes abordés étaient les AVC ainsi que les anesthésies inhalatoires en chirurgie ambulatoire chez l’adulte et chez l’enfant.

«Ces thèmes n’ont pas été choisis au hasard, ils posent de sérieux problèmes de santé publique à l’échelle nationale, mais surtout au niveau de la wilaya de Bouira», indique le docteur Ameziane, précisant: «Ce sont des thèmes pour lesquels on enregistre une cause de mortalité très fréquente. Il faut savoir que les hémorragies du post-partum sont la première cause de mortalité chez la femme post-accouchée, surtout à Bouira avec le manque flagrant de gynécologues et avec le problème d’organisation des soins maternels. Nous perdons pratiquement chaque année au moins une femme décédée à cause de cette hémorragie. Il faut éradiquer le taux de mortalité des parturientes».

Ainsi, avec l’apport d’éminents professeurs qui ont participé aux programmes nationaux de l’organisation des soins maternels, dont le professeur Chafi d’Oran, il a été abordé la prise en charge et comment éviter la mortalité en l’absence de gynécologue. Ce spécialiste a démontré qu’avec des gestes simples et banals, il est possible de sauver la vie des parturientes. Une journée très riche avec l’intervention des réanimateurs et tous les acteurs de la santé qui contribuent au quotidien à sauver les vies des parturientes.

Cependant, petit bémol remarqué de la part des organisateurs, à savoir l’absence des sages-femmes : «Des invitations ont été adressées à tous les concernés, c’est-à-dire l’ensemble des directeurs des structures sanitaires, les sages-femmes, les médecins spécialistes, malheureusement les sages-femmes n’étaient pas présentes malgré tous les moyens mis en branle pour l’annonce de ces journées», déplorera le docteur Ameziane. Un autre thème abordé non moins négligeable était «Les fractures des extrémités supérieures chez le sujet âgés».

Si pour les jeunes c’est le pronostic fonctionnel qui est en jeu, par contre chez le sujet âgé leur vie est mise en danger. «C’est une source de mortalité chez les seniors et cela est très fréquent notamment avec l’ostéoporose ainsi qu’une prise en charge très complexe. Il arrive souvent que des complications interviennent aussi bien sur le plan orthopédique que réanimation, d’où l’importance de la présence des éducateurs pour prendre en charge correctement le nursing», souligneront les intervenants, en l’occurrence des éducateurs qui ont été appelés à participer à ces communications pour essayer de répondre et trouver des solutions afin de prendre en charge ce genre de patients.

Par ailleurs, pour la prise en charge des AVC, qualifiés par les professionnels de la santé de «problème récurrent», c’est le professeur Benbernou du CHU d’Oran qui s’est étalé sur les incidences du mode de vie sur la santé avec une communication pour une prise en charge efficientes des AVC : «Autrefois, nous considérions que l’AVC survenait uniquement auprès des sujets âgés, tarés ou ceux atteints de cardiopathies mais actuellement avec le stress et le mode de vie qui est très chargé, cela touche même les jeunes. Pour une prise en charge professionnelle, le neurochirurgien doit intervenir, de même que le neurologue, le réanimateur, les rééducateurs pour le nursing et il y a de l’espoir pour récupérer le patient, du moment qu’il y a une chance de vie et surtout pour permettre sa réinsertion socioprofessionnelle».

Le docteur Ameziane réitérera la volonté du SNPSSP d’apporter des prises en charge adéquates, avec des formations continues pour le personnel médical et paramédical, car, dira-t-elle, «la science ne s’arrête pas. Il y a toujours du nouveau et nous devons apporter un plus pour la santé des patients de Bouira». À ce propos, il a été révélé que les AVC interviennent de plus en plus fréquemment avec une hygiène de vie qui se dégrade et le stress. Des AVC qui apparaissaient auparavant auprès de personnes âgées atteintes de maladies cardio-vasculaires et de thromboses et qui aujourd’hui se manifestent également chez les plus jeunes : «De nos jours, à partir de 20 ans, des jeunes peuvent être atteints d’AVC à cause du mode de vie très stressant et les professionnels de la santé doivent faire face à des complications auprès de la frange juvénile.»

Hafidh Bessaoudi

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