Bouteflika plaide pour le changement des mentalités

Partager

Même si le président de la République n’a pas prévu de discours pour la deuxième journée de son périple à Cirta, il ne s’est pas, en revanche, montré avare de commentaires. « Les Algériens doivent, dit-il, changer de mentalité car avec celle-ci nous ne pourrons construire notre pays », a martelé Bouteflika avant d’appeler avec insistance les citoyens à ne plus compter sur l’Etat. Ils devront, selon lui, contribuer à construire le pays, le développer et faire preuve de citoyenneté. “Il ne faut plus attendre l’Etat pour régler les moindres problèmes. Cela est une mentalité à oublier », a lancé le Président hier lors de son passage à la Nouvelle-Ville de Massinissa où il a inauguré plusieurs projets à caractère social et culturel. Sur le même ton, l’orateur a insisté sur le fait que « l’Etat a tout fait et même plus que l’impossible au profit des démunis. Il n’y a aucun pays au monde, développé ou pas, qui a fait ce que nous avons fait pour notre pays ». Basta l’anarchie et la facilité. « Si quelqu’un n’a pas d’eau qui coule dans son robinet, il n’a qu’à acheter des pompes, et celui qui n’a pas eu de logement, il n’a qu’à s’inscrire et attendre son tour ». Le mot « hogra », doit être, fulmine Bouteflika, banni pour toujours. « Vous interpellez le chef de l’Etat pour un problème de routes non bitumées alors que la question revient aux responsables que vous avez élus », lance-t-il en enchaînant : « Sincèrement, avec cette mentalité nous ne pourrons pas aller loin ». Les constructions non achevées constituent un autre point fâcheux évoqué par Bouteflika. Ce dernier estime ne pas comprendre les gens qui engagent des constructions sans avoir les moyens de les achever. « Que chacun construit selon ses moyens », a-t-il déclaré. « Ces constructions altèrent l’image de notre pays. Ce phénomène est malheureusement généralisé dans toutes nos régions ». D’après lui, plusieurs batisses ont été abandonnées telles « des ruines romaines ». Tous en appelant les concernés à finir leur chantier « le plus tôt possible », le Président a souligné que la loi sera appliquée dans toute sa rigueur. Respecter les normes environnementales est primordial, a-t-il insisté à plusieurs reprises, dans les différents chantiers où il s’est rendu soit pour inauguration ou pour pose de la première pierre.Habitat : « Un texte de loi » pour les mauvais payeursFaisant halte dans la commune Ali Mendjeli où il a inauguré une cité réalisée sous la formule AADL, Bouteflika a profité de l’occasion pour instruire son ministre de l’habitat de préparer un texte de loi pour sanctionner les « récalcitrants », autrement dit les mauvais payeurs des loyers et autres charges. « Ils seront punis », a-t-il lancé. Dans le même site, l’orateur a souligné l’importance de créer des écoles spécialisées pour les concierges dans l’optique d’améliorer leur niveau et revaloriser « les sous-métiers ». El Adhan à la Télévision : « c’est ma décision » A la sortie du site historique Massinissa, Abdelaziz Bouteflika, interpellé par une présidente d’une association de bienfaisance de Constantine, a souligné une fois de plus qu’il n’est plus tolérable qu’il y ait un autre parti islamiste ou laïc. D’ailleurs ni l’un ni l’autre ne lui « a imposé le rétablissement d’El Adhan à la télévision.C’est moi qu’il ai décidé lors du Conseil des ministres ». Cette décision émane donc directement de son instance. Justifiant son choix, le chef d’Etat a fait savoir que l’Algérie était le seul pays musulman à ne pas diffuser El adhan à la télé.

Wassila O. H.

Partager