On ne parlera jamais assez de cette région qu’on vient de découvrir, lors de la visite du wali dans les communes d’Illiltene, Imsouhal et Iferhounène. Dans chacun de ces villages, l’accueil des habitants vous va droit au cœur. Les youyous des femmes ou les poignées de mains des hommes vous change de l’indifférence de la ville. Les sourires chaleureux, plus que les figues au petit lait, qu’on offre aux visiteurs (très nombreux d’ailleurs) montrent qu’ici, les gens, malgré des conditions de vie difficiles, ont gardé beaucoup de valeurs qui faisaient, jadis, la fierté des gens de chez nous. La solidarité, une vertu bien ancrée dans ces régions, se traduit chaque jour par des gestes de plus en plus étonnants. Les hôtes de ces contrées, qui ont eu à goûter l’eau de source de Zoubga, ont été étonnés d’apprendre tout le travail effectué par les habitants pour acheminer, à leurs frais, le précieux liquide jusqu’à leurs demeures. Des fontaines aussi belles (et surtout pures) les unes que les autres ont vu le jour dans pratiquement tous les villages grâce à la solidarité de leurs habitants. Plusieurs salles de soins ainsi que de nombreux foyers de jeunes ont été construits de cette manière. Certains villages n’ont pas attendu que l’Etat leur ouvre la route, ils l’ont fait eux-mêmes. La réflexion des visiteurs qui n’en croyaient pas leurs yeux devant tant de réalisations est : « Si on faisait ça partout ! ». Cependant, ces « Algériens oubliés » ne peuvent pas, toujours, faire « ça ». Ils ont été trop oubliés, jusqu’à maintenant et ils le disent tout haut. Un jeune de Tizit n’a pas mâché ses mots pour faire part au wali des problèmes de ce village, plus près d’Akbou que de Tizi Ouzou. Plusieurs citoyens ont abordé le premier responsable de la wilaya qui, en plus des cadeaux, est revenu avec un grand nombre de lettres (requêtes des citoyens), dans son sac. Les revendications sont légitimes. Monsieur Mazouz l’a d’ailleurs bien expliqué après avoir écouté un délégué de village qui explique : « Nous avons réalisé, à nos frais, deux captages et une conduite d’eau. Celle-ci s’avère insuffisante pour alimenter le village. Nous avons besoin d’aide pour réaliser une seconde afin d’alimenter convenablement le village ». « L’Etat vient compléter votre effort en prenant en charge ce qui reste à réaliser », promet le wali.
Nacer Benzekri
