La Maison de la culture au rendez-vous avec le 20 Avril

Partager

La Maison de la culture Mouloud-Mammeri de Tizi Ouzou, n’a pas été indifférente vis-à-vis de la célébration du double anniversaire du 20 avril. Durant la journée de jeudi une ambiance inhabituelle a été constaté au niveau de cette structure. Un grand afflux de visiteurs, a été enregistré durant toute la journée et tous les locaux de ce site ont été exploité pour célébrer ce double Printemps amazigh. En plein air, dans la cour, ce sont les étudiants des Beaux arts et d’autres artistes-peintres, qui par groupe ont réalisé des tableaux de peinture. La beauté de cette journée printanière s’est mêlée à celle des œuvres fraîchement réalisées par ces nombreux artistes.A l’intérieur des locaux, c’est l’exposition exclusive sur l’écrivain et chercheur Mouloud Mammeri qui se poursuit. Parfois, il est difficile de se frayer un chemin parmis cette foule de visiteurs et des fidèles à la culture, qui ont tenu à visiter ces lieux. Dans l’une des salles, l’on retrouve des groupes de filles issues de la Kabylie profonde, dont leur profession est la confection d’habit traditionnel. Pour célébrer Tafsut Imazighen, les filles qui se sont mis dans de belles tenues traditionnelles, ont fermées leurs atelier, pour se consacrer à l’exposition de leur produit. Elles sont venues d’Azazga, d’Ath Douala et de Tizi Ouzou. “Nous sommes heureuses de cet évènement et d’avoir participé à l’exposition”, nous dit Naïma venue d’Azazga. A côté de Naïma, un autre stand est tenu par un autre groupe. La jeune Fatiha de l’atelier “Asirem”, d’Ath Douala. “Nous aimons bien ce que nous faisons. Je crois que le public a bien apprécié nos produits, et nous sommes enchantées”, nous dit-elle avec sourire et humilité. Et de poursuivre : “La nouvelle génération s’attache à nos traditions. De notre côté, nous faisons de sorte à ce qu’il y aura une conjugaison entre la modernité et nos traditions, et ce en créant des habits et des modes qui sont à la fois traditionnels et modernes”. Le même sentiment est partagé par Zohra, et son amie, qui tient un autre stand, de peinture sur soie, un peu plus loin. Cette journée de fête a été aussi une occasion pour le jeune poète Rachid Larbi, étudiant à Tizi Ouzou, de faire une vente-dédicace, de son recueil de poésie. Le jeune poète est entouré par une foule, et on ne cesse de lui poser des questions sur sa première œuvre. “Il y a tout un engouement, c’est un grand bonheur pour moi”, nous dit le jeune poète.Sabrina est une visiteuse “Tamazight, est tout ça, c’est encourageant. Et notre cause a besoin de tout le monde pour la faire survivre et la triompher”, nous déclare-t-elle à chaud. Dans un autre coin, c’est le jeune Hamid Arabi, un sculpteur sur bois, venue de Boudjima, pour exposer et expliquer ses œuvres aux visiteurs. A côté de Hamid, c’est Zahia venue de Larbaâ Nath Irathen qui étale des œuvres dont la forme est étrange. Zahia attire la curiosité des visiteurs. “Daw T-ili”, ou “sous l’ombre” tel est le titre donné à ses œuvres. A travers ces objets confectionnés avec différentes matières, et teintés de couleur jaune doré, Zahia Mahallem se veut une farouche défenseur de la nature. “L’homme change de nature, mais la nature est toujours fidèle à elle-même”, nous déclare poétiquement cette jeune fille.L’association Aghbalou est aussi au rendez-vous, en exposant des livres, des tableaus des dessins et des photos de l’ancienne ville de Tizi Ouzou, ainsi que celles des détenus d’avril 1980.“C’est grâce à Mouloud Mammeri et de tous les autres acteurs que nous sommes là. Il est de notre devoir de continuer le chemin qu’ils nous ont tracé”, nous dit Boualem Aguini, vice-président de l’Association Aghbalou. Et de conclure que cette association durant ce même jour, elle a exposé à Boudjima et à Ghardiaa.

Mourad Hammami

Partager