Depuis janvier dernier, le Syndicat d’entreprise des travailleurs de l’éducation affilié à l’UGTA traverse une crise sans précédent. La suspension arbitraire, selon les cadres syndicaux de huit membres de l’Union locale de Draâ El Mizan couvrant les quatre daïras du sud de la wilaya pourrait engendrer l’éclatement de ce syndicat qui aurait déjà perdu du terrain en refusant de soutenir les actions menées par l’intersyndicale des travailleurs du secteur. Lundi dernier, les cadres syndicaux de la dite localité en présence de certains membres de la Commission exécutive locale ont tenu une conférence-débat au lycée Hamdani Saïd où ont été débattues la situation organique du SETE et celle des membres suspendus du Conseil de wilaya de cette organisation. D’emblée, les organisateurs de la conférence ont mis l’accent sur le désintéressement de la base tout en sachant que les griefs retenus à l’encontre des suspendus étaient purement inventés à des desseins inavoués. Les conférenciers ont déclaré leur indignation par rapport à ces suspensions arbitraires et injustes. Après l’ouverture de la séance, l’orateur a rappelé la genèse de ce “conflit”. Et de commencer : “L’instance de wilaya a prononcé cette décision sous prétexte que les huit membres sur les dix que compte l’Union locale avaient mal orienté les débats lors de la conférence tenue au lycée Ali Mellah le sept janvier dernier concernant la grève illimitée qui devrait être déclenchée en vue de demander le versement de la prime de rendement. Or, au cours de sa réunion de décembre, et plus précisément du vingt-cinq, l’instance avait demandé la tenue de conférences locales en vue de dégager les actions à mener. Si l’on se référait aux statuts, et notamment l’article 125, aucune autre décision ne peut être prise par l’instance entre deux conférences. Ce n’est qu’un non-respect des statuts”.Après la mesure prise par le Conseil de wilaya, les concernés ont introduit des recours auprès de l’Union locale de wilaya. Cette dernière aurait refusé d’intervenir en vue d’isoler l’Union locale du SETE. Selon, un autre intervenant, la situation s’est empirée davantage lorsque les suspendus étaient convoqués en vue d’être jugés par la commission de discipline de wilaya. “ Nos représentants ont raison de ne pas aller devant cette commission individuellement car ils devaient répondre pour les mêmes griefs. Nous avons soutenu leur position. D’ailleurs, le jour-même, nous avons observé un sit-in devant les locaux du SETE”, a vivement expliqué un secrétaire syndical d’une école primaire. Tout au long de leurs interventions, les présents ont critiqué cette démarche qui ne visait qu’à écarter leurs membres. “Ce sont les adhérents de la base syndicale venus des quatre daïras au lycée Ali Mellah et non les responsables de l’Union qui ont décidé de ne pas suivre la grève illimitée. Nous les soutiendrons jusqu’au bout. S’il y a des sanctions à prendre, elles ne seront prononcées qu’à l’encontre de ceux qui n’ont pas respecté leurs bases. Aussi, le Bureau exécutif doit être suspendu”, n’a pas cessé de marteler ce représentant d’un collège venu de Draâ El Mizan. Avant la tenue de cette conférence organisée après la deuxième convocation, selon les statuts, quarante secrétaires de sections avaient déjà signé une pétition et rédigé une déclaration dans la quelle ils avaient demandé la levée de suspension, en vain. Au cours de la conférence, les représentants des travailleurs au niveau des établissements scolaires n’ont pas cessé d’incriminer les membres du Conseil exécutif de wilaya à qui, ils ont reproché une incompétence avérée. “Au lieu de continuer le combat face à la tutelle qui stagne la situation des travailleurs, ils ne se limitent qu’à des luttes intestines”, avait dit haut ce que les autres pensent bas, un cadre syndical connu dans la région pour ses luttes. Avant la rédaction de la déclaration finale dont une copie nous a été adressée, la Commission exécutive locale, les syndicats de la santé et des collectivités locales (Draâ El Mizan), affiliés à l’UGTA, ont exprimé leur soutien indéfectible aux suspendus. Des actions ont été demandées telle la tenue d’une conférence de wilaya en présence de l’Union de wilaya, une conférence de presse et une autre conférence locale en présence de l’Union de wilaya. Par ailleurs, dans leur déclaration, on peut lire : “devant cette situation alarmante qui remet en cause l’honorabilité et l’honnêteté de ces membres et devant aussi le non-respect des statuts et règlement intérieur de l’organisation syndicale, nous, conférenciers demandons une levée pure et simple de ces suspensions qui vont au détriment de l’organisation de par leurs portées à la gestion du conflit les opposant au SETE et exigeons des excuses du Bureau exécutif envers la base syndicale”, et d’ajouter un peu plus loin : “A toute fin utile, il y a lieu de tenir compte de la déclaration ferme de la base à leurs membres pour la grève initiée par le Bureau exécutif pour le neuf janvier qui a engendré cet état de crise et dénonçons l’Union de wilaya devant d’indifférence et le mutisme total affichés par rapport à ce conflit. De ce fait, l’Union de wilaya doit intervenir dans l’immédiat pour mettre fin à ce conflit”. Comme prochaines actions, les cadres syndicaux préconisent de geler leurs activités au sein de cette organisation, le retrait de confiance au Conseil du SETE et éventuellement un sit-in devant le siège de l’Union locale. En définitive, l’inertie des responsables syndicaux au niveau de la wilaya ne fait qu’envenimer la situation d’une part, et d’autre part, la démobilisation d’une union locale qui a été de tout temps à l’avant-garde de la lutte pour les droits des travailleurs. “Si cette situation restait à ce niveau, d’autres désertions des rangs de l’UGTA seraient attendues notamment dans les écoles primaires et quelques collèges où les syndicats autonomes ont gagné du terrain dernièrement après l’appel à la grève de trois jours décrétée par l’intersyndicale”, nous a déclaré un syndicaliste en marge de la conférence.
H. N.
