Pas de reboisement, cette année

Cette année, nous n’avons pas observé de différence entre la traditionnelle journée de l’arbre et toutes celles qui l’ont précédée. Habituellement, on procède à la mise en terre,même symbolique, de quelques plants. Les écoles après un discours de circonstance, vantant le rôle de l’arbre pour notre environnement, font appel aux élèves pour planter quelques plants autour du grillage de la cour de récréation. Reconnaissons que dans certains établissements scolaires, des arbres ont pu atteindre l’âge adulte. Cette année, phénomène étrange, aucun arbre n’a été planté dans la région d’AÏn El Hammam, d’Illilténe jusqu’à Akbil, en passant par Abi Youcef et Aït Yahia, en dehors des paysans qui achètent des arbres fruitiers pour leurs besoins propres, aucune opération de reboisement n’a été initiée par les services concernés. Est-ce à dire que du côté des montagnes, les forêts sont denses ? Il est difficile de le croire. Qui remplacera tous ces arbres brûlés, coupés ou tout simplement morts, naturellement. Notre attention est attirée et notre conscience interpellée après chaque virage. Un simple regard nous renseigne sur l’état de nos collines déboisées au point où la rocaille a remplacé le sol. Ces champs, jadis verdoyants, ressemblent maintenant à des paysages lunaires. Nous n’en voulons pour preuve que la route reliant Larbaâ Nath Irathen ex-Fort-National à Ain El Hammam ex-Michelet où, le maquis a remplacé les chênes, les oliviers et les autres arbres qui peuplaient, il n’y a pas si longtemps, les pentes d’Aït Sidi Ahmed et d’Icheriden. La végétation disparaît peu à peu, sous l’effet de la scie en hiver et des flammes en été. Un plan de reboisement d’urgence ainsi que des mesures de protection de la forêt doivent être prises au plus tôt. Pourtant, les associations de défense de l’environnement ne manquent pas. Les discours écologistes des responsables à différents niveaux ne sont finalement prononcés que pour montrer qu’ »on est à la page ». A chaque campagne électorale, on évoque le laisser-aller des autres qui négligent la protection de l’environnement. Finalement, une fois au pouvoir, personne ne fait mieux.

Nacer B.