“Pourtant, notre collège a bénéficié d’une cantine scolaire réalisée à la fin des années 90. A chaque rentrée scolaire on parle de son inauguration, en vain. On dirait qu’i faudrait des milliards pour l’équiper”, nous a répondu un professeur accosté devant cet établissement, lequel attendait un élève envoyé pour acheter une baguette de pain et quelque portions de fromage. Si les professeurs et le personnel administratif, résidant ailleurs, souffrent de ce manque, les élèves le ressentent encore plus. Effectivement, ces collègiens venant des villages situés pour certains à cinq, voire six kilomètres, tels ceux de Tizi L’khemis ou encore d’El-Had, ne mangent que des repas froids (cachirs, pain, fromage), alors que les plus démunis ne se contentent que d’un quignon de pain qu’ils “partagent et avalent avec un verre de limonade, en hiver tout comme en été. Et dire qu’à la fin de l’année, on attend de bons résultats. Pour en savoir plus sur cette situation, nous avons approché une personne proche de l’administration de l’établissement. Celle-ci a préférée nous répondre sous le couvert de l’anonymat : “Cette cantine devait s’ouvrir en 1998. Malheureusement, l’ex-chef de l’établissement, s’y est opposé sous prétexte qu’il n’y avait ni eau ni assainissement. Aujourd’hui, si ce restaurant existe, il n’est pas équipé. Il ne dispose que d’un four à quatre feux. Il n’y a aucun autre matériel, l’actuel directeur avait fait des démarches”, a ajouté notre source. Selon un parent d’élève : “ Nous avons à maintes fois soulevé le problème de cette cantine. Mais, rien n’a été fait même si l’on nous disait qu’il allait être mis en service”. Certes, cette année scolaire tire à sa fin, mais à entendre les échos qui nous sont parvenus, les parents d’élèves n’accepteront plus d’y envoyer leurs enfants si cette cantine n’est pas inaugurée. D’ailleurs, ils attendent la visite du wali dans la région pour l’interpeller à ce sujet. “C’est inacceptable. Comment se fait-il qu’ailleurs, on programme des cantines ? Dans certains établissements, les élèves habitent tout près de l’école et ils bénéficient de repas”, pense un autre parent. En tout cas, les parents sont décidés à aller jusqu’au bout de cette revendication. En définitive, cette cantine sera d’un apport considérable pour les élèves éloignés et ceux issus de familles nécessiteuses. N’oublions pas que la cantine scolaire est l’une des œuvres complémentaires. Le ministre de l’Education nationale l’a si bien rappelé dans toutes les occasions : les élèves doivent bénéficier de repas équilibrés et riches pour leur croissance. “Où se situe le blocage ?”, c’est la question qui taraude l’esprit des parents.
Amar Ouramdane
