Cette rivière longe la vallée sur une distance de presque cinq kilomètres. Des dizaines de ruisseaux, visibles sur la carte topographique de M. Zerourou Mohand l’ingénieur hydrogéologue des services de l’hydraulique de la ville d’Akbou, venant des villages perchés de Feldhène, de Fethoun, d’Azrou Zerdarth et autres et qui participent à la formation de cette rivière appelée Tifrit qui devient un véritable danger en temps de fortes précipitations pour ladite zone industrielle. Dans leur course, les eaux de ces ruisseaux ayant de forte déclivité «excavent leurs lits et déposent plus loin le tout-venant sur la partie ayant une douce pente à savoir celle allant des pieds des montagnes au pont de la RN 26» explique notre hydrogéologue. «Le dépôt d’alluvions est cependant, ajoute notre interlocuteur, très accentué sur l’autre partie qui longe la ZAC où la pente est négligeable». Le dépôt d’alluvions est très visible sur cette partie où la profondeur du lit est à peine un mètre et freine ainsi la course de l’eau de Tifrit. Cette couche force de ce fait le fluide à ronger peu à peu les berges de l’oued dont la largeur atteint, notamment à la hauteur de la fromagerie Ramdy, la cinquantaine de mètres. Quelques mètres à peine séparent les murs de certaines usines de la berge gauche de l’oued qui s’effrite par le temps et raccourcit cette distance vers l’abîme. Par contre, le bord droit grignote déjà le trottoir de la route qui mène vers l’unité de Général Emballage, une fabrique de cartons. Les pouvoirs publics ont-il pensé à son endiguement ? «Oui, répond notre ingénieur, une étude a été menée par l’agence foncière d’Akbou Afak depuis l’année 2001». Chose qui nous a été confirmée par M. Arezki Mourad, responsable des services techniques d’Afak. «En 2001, précise-t-il, notre agence a réalisé une étude sur le confortement de l’oued Tifrit et qui est approuvé par le CTH de Sétif». Le CTH est l’équivalent du CTC dans le construction, il s’agit, selon ce responsable d’une étude «sur le renforcement des berges de Tifrit» afin d’arrêter l’usure de ses rives par «l’aménagement, après un curage, de matelas dit Reno» qui eux sont de véritables gabions qui épouseront, une fois installés, la forme inclinée des bords de l’ouest et «ceci tout au long de la partie qui traverse notre zone d’activité» ajoute encore le représentant d’Afak à une question sur le risque de voir les pont emportés par d’éventuelles crues. Notre architecte ajoute d’emblée «que des gabions de forme ordinaire, seront également à déposer au tour des pieds des ponts de RN et des chemins de fer afin de les renforcer». Un projet fort ambitieux qui n’attend qu’un financement de la part du ministère de l’Industrie «saisi à cet effet et sur les dangers qui peuvent en découler suite à d’éventuelles crues», révèle-t-il. Sa réalisation est plus qu’urgente afin de sécuriser la zone d’activité où 50% des usines sont en activité dont une multinationale Danone-Djurdjura-Algérie, et sauvegarder presque 1500 postes d’emploi. «La sonnette d’alarme est tirée», conclut M. Arezki Mourad.
Chihabi Haddouche
