Aun mois et quelques jours du baccalauréat, la coordination syndicale menace de recourir à la grève si le ministère de l’Education nationale refuse d’engager le dialogue avec ses représentants. Les deux jours de grève, observés durant avril, ne seraient qu’un prélude à une action encore plus dure, et surtout plus longue ! Certes, on a beaucoup parlé de la situation des enseignants algériens, confrontés à un quotidien très dur et à des conditions de travail de plus en plus difficiles. On connaît aussi les positions du ministère de l’Education nationale qui refuse de discuter avec des syndicats ‘’non reconnus’’ (mais qui sont capables de paralyser les établissements). Mais est-ce une raison, pour que dans ce bras de fer, les enfants soient pris en otages ? Est-ce leur faute si leurs enseignants sont mal payés et mal logés et si le ministère qui gère leurs écoles et leur avenir soit intransigeant ? Certes, les enseignants pourront toujours dire qu’ils ont épuisés toutes les voies du dialogue et le ministère rétorquera que des augmentations ont été consenties au corps enseignants et des efforts faits en matière de logements, Est-ce une raison pour que les enfants soient les victimes de ce dialogue de sourds ? Si l’on enlève le petit nombre de nantis qui ont tout à leur dispositions, la plupart des collégiens et des lycéens sont d’origine modeste et connaissent, eux et leurs familles, la gêne, voire la pauvreté. Les études, hélas constamment perturbées par des grèves, sont pour beaucoup d’entre eux le seul moyen de s’en sortir, d’aspirer à un avenir meilleur. Alors messieurs et mesdames les enseignants, de grâce, ne brisez pas leurs espoirs, ne les prenez plus en otages !
S. Aït Larba
