Les coopérateurs s’opposent à la vente aux enchères du matériel

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Le collectif des gestionnaires de la coopérative oléicole de Bouatelli, relevant de la commune de Tizi Rached s’oppose farouchement à la procédure de vente aux enchères de l’équipement de leur l’huilerie, engagée par l’administration communale.Cette huilerie qui a fait l’objet d’un sabotage en 1995, ayant généré des pertes globales estimées à plus de 51 millions de centimes, demeure toujours un litige entre d’un côté les gestionnaires qui demandent la cession des équipements à leur profit pour libérer les lieux et permettre ainsi, d’annexer l’assiette au centre de formation, et d’un autre côté, l’APC de Tizi Rached qui veut procéder à la vente aux enchères des équipements sans aucun compromis.Dans un document adressé au Wali de Tizi Ouzou, les coopérateurs sollicitent l’annulation de la procédure, «injuste» à leurs yeux, puisqu’ils se réclament, tout bonnement propriétaires de plein droit. «En 1995, lors de la visite du Wali, venu s’enquérir de la situation, date à laquelle l’huilerie en question fut la cible d’un acte de sabotage, il a été convenu, sur demande des coopérateurs, de surseoir à la réforme de cet équipement et de le rénover à leur charge, d’en continuer l’exploitation et de régulariser ultérieurement leur situation», déclarent les gestionnaires.La genèse de ce projet remonte à 1982, lorsque l’APC de Tizi Rached a acquis un matériel au prix de 42 millions de centimes, qu’elle a entreposé dans un hangar, allant par la suite servir de site pour l’établissement oléicole. Sept ans plus tard, l’association d’enfants de chouhada «Hemzi Idir», a eu la dérogation du wali autorisant son exploitation, suivie d’une délibération de l’APC pour la location des locaux et son exploitation par ce même groupe. Pour officialiser ces démarches un contrat d’exploitation,annuellement renouvelable a été élaboré par les deux parties. La promesse de l’ancien wali, de régulariser leur situation après avoir rénové le matériel n’ a pas été respecté par l’APC,estiment les coopérateurs. «Malgré la réparation de l’équipement à notre charge, la régularisation demandée par le wali n’ a pas été établie», rédigent-ils.Soutenus par l’association des enfants de chouhada, les coopérateurs ont demandé en 2000, l’acquisition du matériel, même s’il doit être maintenu au niveau de la commune, d’autant plus, disent-ils que, l’idée consiste à céder l’assiette au centre de formation. «Nous regrettons que cette situation n’ait, à ce jour, connu aucun progrès», affirment-ils. Les frais engagés par les coopérateurs pour les postes quantifiables, tels que le cautionnement loyer, les réparations suite au sabotage, sont estimés à plus de 170 millions de centimes. Pis, depuis quatre ans, ces pères de familles d’âge avancé et sans formation se retrouvent avec amertume étant chômeurs, pris en charge par des proches. En demandant la récupération du matériel, ces gestionnaires n’ont fait que s’inspirer du modèle entrepris dans des entreprises en faillite, en cédant la concession au profit des travailleurs. Ils sollicitent l’aide de l’administration pour aménager une nouvelle huilerie sur une assiette foncière qu’ils dégageront.L’ultime recours des coopérateurs est de saisir le wali, pour l’annulation de la procédure de la vente aux enchères pour retrouver leur gagne-pain. Reste à connaître la réaction de l’APC de Tizi Rached.

M.Ait Frawsen

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