Lycées et facultés d’excellence

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Le ministère de l’Education nationale a annoncé, la semaine dernière, l’ouverture, à partir de la prochaine rentrée, de trois lycées d’excellence, dans les trois plus grandes villes du pays : Alger, Oran et Constantine. Ces lycées, qui s’inscrivent dans le cadre de la réforme du système éducatif, auront pour tâche de prendre en charge les meilleurs élèves et de former ainsi une élite, dont les structures actuelles ne tiennent pas compte. L’enseignement supérieur, qui est associé à ce projet, ne parle pas pour le moment de créer des ‘’facultés d’excellence’’ mais vise, lui, à former des cadres compétents et des chercheurs, notamment dans les écoles supérieures qu’il se propose de restructurer. Mais en fait, chacun sait déjà que ces écoles ne sont accessibles qu’aux bacheliers ayant obtenus des moyennes élevées, très élevées au bac. Les conditions d’accès à ces écoles seront-ils encore plus sévères ? Il n’y a pas de doute que les élèves et les étudiants les plus doués méritent qu’on s’intéresse davantage à eux, mais ne risque-t-on pas de favoriser l’élitisme et provoquer une fracture dans l’école et la société, en opposant une minorité de ‘’meilleurs’’ à la masse des ‘’médiocres’’ ? Le plus urgent, aujourd’hui, n’est pas de creuser le fossé entre les jeunes Algériens mais de leur donner à tous des chances de réussir. Le plus urgent aussi est de revoir les programmes, de redéfinir les stratégies d’acquisition, de moderniser l’Ecole pour en faire un instrument de développement. C’est là le sens, le vrai sens de la réforme du système éducatif, initiée par le président de la République.

S. Aït Larba

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