Les pluies gâchent le fanage

L’insuffisance de la pluviométrie hivernale dans la vallée de la Soummam n’a pas arrangé les affaires des éleveurs, qui d’ores et déjà commencent à subir les lois du marché. Le fourrage précocement fauché dans les Hauts-Plateaux fait déjà son apparition sur les marchés locaux à des prix jugés trop élevés en cette période de fenaison où il est supposé être vendu à son plus bas prix. « Qu’en sera-t-il en hiver ? », s’interrogent avec angoisse les fellahs. Cette situation pour le moins inattendue a entraîné dans son sillage la baisse des prix du cheptel sur les marchés locaux. Comme un malheur ne vient jamais seul, à peine la campagne de fenaison entamée, que des pluies diluviennes sont survenues avec une intensité et qui ont duré trois jours, vouant ainsi au pourrissement les productions laissées sur les champs. « Aux rendements déjà médiocres à cause de l’insuffisance de pluviométrie viennent s’ajouter les dernières pluies qui ont pris au dépourvu beaucoup de fellahs, notamment ceux qui ont entamé la campagne de fenaison et qui n’ont pas les moyens de couvrir les productions laissées dans les champs », souligne un fellah. Au-delà de ces aléas climatiques qui ont sapé le moral des agriculteurs, la campagne de fenaison continue son petit bonhomme de chemin, même si les déferlantes des tracteurs des années antérieures ne sont plus de mise. Mais dans un autre sens, ces pluies, au-delà des dégâts ou des désagréments causés çà et là, bon nombre de citoyens les ont perçues comme très bénéfiques à plus d’un titre et disent qu’elles sont venues à point nommé pour combler le déficit en pluviométrie constaté cette année. Certains pensent aux cultures céréalières qui en ont tant besoin pour continuer leur croissance, aux arbres qui bourgeonnent encore, et d’autres désignent la régénération des nappes phréatiques et des points d’eau servant pour l’alimentation en eau potable.

L. Beddar