Violente tempête sur la ville

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Des trombes d’eau et des grêlons de la taille d’une bille se sont abattus dans l’après-midi de jeudi dernier sur la ville d’El Hachimia et sur sa périphérie sud. La tempête a duré plus d’une demi-heure au cours de laquelle l’agglomération s’est transformée en de gigantesques rivières sur lesquelles voguaient des objets hétéroclites transportés depuis les piémonts de la montagne jusqu’à la plaine de l’agglomération. Le principal cours d’eau de la région, Oued Boukhalkhal, qui prend naissance sur le mont Aïn Hazema, a, dans sa course furieuse, débordé de son lit pendant plus d’une heure. Les détritus qui se sont mêlés aux eaux ont, comme à chaque orage, obstrué le pont attenant au siège de daïra. Rappelons que deux grandes inondations ont frappé la région au cours des douze dernières années : une en 1994 et l’autre en 1999. Cette dernière fut à l’origine de certains dégâts matériels et de la mort du cheptel appartenant aux nomades transhumants.Les averses de jeudi dernier ont succédé à une semaine de pluies qui a totalisé quelque 50 millimètres de précipitations. Avant ces pluies, la zone a connu une période de sécheresse qui avait sérieusement inquiété les céréaliers. Certains de ces derniers nous ont avoué que la saison est compromise malgré ces précipitations tant le retard en disponibilité en eau est devenu irrécupérable. En effet, sur certaines parcelles cultivées en orge et en fourrages, les cultures ont pris une couleur ocre qui renseigne sur la faiblesse du rendement attendu. En dehors de certains programmes d’arboriculture soutenus par l’Etat (PPDR, FNRDA), la politique de reconversion n’a pas connu d’engouement particulier dans cette partie centrale de la wilaya de Bouira. En outre, l’itinéraire culturel spécifique aux céréales se trouve rarement appliqué. Ne serait-ce que pour limiter les effets de la sécheresse, un labour profond (défoncement) est normalement exigé au moins une fois sur quatre ans. Cette tradition qui existait jusqu’aux années 60 a été tout bonnement abandonnée. Sur le plan des risques d’inondation pour cette région de plaine adossée à la chaîne de Aïn Hazem, l’Oued Boukhalkhal représente un réel danger. C’est pourquoi les services des Forêts ont choisi certains de ses affluents pour y installer des ouvrages de correction torrentielles financés par la direction de l’emploi de la wilaya dans le cadre des TUP-HIMO (Travaux d’utilité publique à haute intensité de main-d’œuvre). Mais l’efficacité de ce type d’ouvrages ne peut atteindre son optimum qu’à partir d’un certain volume (multiplication du nombre de seuils). En tout cas, les habitations, situées au centre-ville, qui étaient les premières à souffrir de la moindre inondation ont été rasées depuis plus de deux ans dans le cadre de la résorption de l’habitat précaire et leurs occupants ont été relogés dans des bâtiments.

Amar Naït Messaoud

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