l Avec le peu de moyens dont il dispose, Omar Amroun, un jeune cinéaste originaire de Bouzeguène, a réalisé un court-métrage de 22 min ayant pour titre Le labyrinthe des sentiments, digne d’un professionnel, il a réussi à projeter toute une décennie noire, mettant en relief la peur permanente des artistes algériens à cette époque. Le film résume la vie d’un artiste-peintre, menacé par les terroristes. Il trouve refuge dans son atelier, en se renfermant sur lui-même. Il sombre dans l’alcool et la drogue, il devient agoraphobe. Pour filmer son personnage, il a utilisé des plans en plongée dans le noir total, ce qui exacerbe la peur et la phobie de l’artiste. La musique est aussi bien choisie, elle laisse le spectateur sous le charme. D’une première analyse de film, on peut déduire que l’artiste représente la situation de l’Algérie pendant la décennie noire, elle s’est renfermée sur elle-même, pas de contact avec le monde extérieur. Ce court-métrage a été projeté, avant-hier, au Centre culturel de Bouzeguène. La salle a eu beaucoup de mal à contenir le beau monde venu de partout, chacun a formulé une appréciation et personne n’a pu rester indifférent à ce travail remarquable. Interrogé sur le coût de l’œuvre, il nous répond qu’environ 30 millions de centimes ont été dépensés à cet effet, son « propre » argent sans aucune aide extérieure. Pour cela, et pour toutes les autres raisons, cette production est à saluer.
Khadir Yacine
