Vieillissement de la population

Après avoir été longtemps décrit comme un pays de jeunes, l’Algérie est-t-elle en train de rejoindre les pays à fort taux de vieillards ? Il est vrai que le nombre de personnes âgées de plus de 50 ans (c’est l’âge à partir duquel on comptabilise les personnes âgées) n’était que d’un peu plus de 3 millions de personnes en 1998 (soit 11% de la population totale) : il ne sera encore que de 4 millions en 210 : mais en 2020, il atteindra, selon les prévisions de l’Office national des statistiques les 7,3 millions de personnes sur une population estimée, elle, à 39 millions d’habitants, soit près de 20% du total des habitants. On est loin du pourcentage qui sera atteint dans les pays développés mais force est de constater que, chez nous aussi, il y a un vieillissement de la population. S’il faut s’en réjouir, parce que c’est un indice certain de développement (si les gens vivent plus longtemps, c’est que les conditions de vie se sont améliorées et qu’il y a une meilleure prise en charge médicale) mais en même temps, il faut s’en inquiéter : il faut assurer des revenus suffisants à ce flots de personnes qui seront pour la plupart à la retraite, il faut les soigner, leur fournir des loisirs… On connaît les problèmes du système actuel des retraites : il faut donc le réformer suffisamment à temps pour ne pas se heurter à des difficultés encore plus grandes. Mais plus que les dispositions financières, il y a un phénomène contre lequel il faut lutter : l’indifférence à l’égard des personnes âgées. Il n’est pas souhaitable de voir se perpétuer les centres de vieillesse, où les vieillards sont abandonnés par leurs proches. Nous devons améliorer dès maintenant les conditions de vie des vieillards, car nous serons les vieillards de demain…

S. Aït Larba