Première réunion du Conseil demain

Le directeur général de l’Agence nationale de promotion des exportations (Algex), Mohamed Benini, a indiqué hier, sur les ondes de la Chaîne II, que le Fonds spécial d’aide aux exportateurs a repris ses activités en janvier dernier à la faveur des dispositions de la loi de finances 2006, après un arrêt dû à une cessation de paiement. « Il y a des exportateurs qui ne connaissent même pas l’existence de ce fonds », signalera Benini. Par ailleurs, le premier responsable d’Algex indiquera que la première réunion du Conseil d’association entre l’Algérie et l’Union européenne aura lieu demain. Une rencontre qui aura à évaluer les impacts de l’accord, qui, faut-il le rappeler, est entré en vigueur le 1er septembre 2005, ainsi que les éventuelles améliorations à lui apporter. « L’accord d’association avec l’UE nous a apporté du bien, puisqu’il a permis plus d’ouverture économique et introduit plus de concurrence », commentera-t-il. L’orateur relèvera la faiblesse des exportations algériennes hors-hydrocarbures. « Nos exportations hors-hydrocarbures, sont très peu diversifiées », estimera-t-il. Un constat qu’il étayera par quelques chiffres : les produits bruts représentent 17% de nos exportations, les produits alimentaires pas plus de 9%, et les produits finis 6%, sur un chiffre global de seulement 800 millions USD en 2005. Un tel chiffre s’explique, aux dires du DG d’Algex, par la vocation première de l’économie algérienne, bâtie exclusivement, depuis l’indépendance, sur la satisfaction des besoins nationaux et non sur l’exportation. « Cette situation a généré une surprotection par l’Etat de la production nationale, chose qui a fait que les produits ne correspondent pas aux normes qualitatives internationales. La levée de ce protectionnisme depuis 2000, a révélé la difficulté de la production nationale à faire face à la concurrence des produits étrangers », explique l’invité de la radio. Pourtant les produits algériens, notamment ceux issus de l’agriculture, ont un potentiel à l’exportation très appréciable : l’huile d’olive et la datte en sont les meilleurs exemples. « En 2004-2005, l’exportation de la datte a connu une baisse, alors que la production a augmenté », déplore l’intervenant. Les solutions résident selon lui dans la mise en place d’une vraie politique d’exportation, et non des bribes de visions sans lendemains. « Nous devons davantage encourager les producteurs et les exportateurs à s’organiser pour mieux défendre leurs intérêts et aller de l’avant, les administrations mais aussi les banques doivent également consentir des efforts pour plus de souplesse et de facilités envers ces acteurs », préconise-t-il. Les exportateurs, continue-t-il, « doivent également aller conquérir d’autres marchés, en dehors des traditionnels, en misant surtout sur leur présence à l’étranger à travers les missions commerciales et la participation aux foires et aux salons pour mieux faire connaître leurs produits ». Dans ce sens, Mohamed Benini plaide pour l’assouplissement de la réglementation régissant l’installation des bureaux de liaison à l’étranger afin d’aider les exportateurs à mieux investir les marchés internationaux. Algex, dans sa politique de développement des aides aux exportateurs, a entrepris un certain nombre d’actions, dont le lancement dès juin prochain d’un site internet d’information, tout en renforçant et améliorant son assistance au profit de cette catégorie…

Elias Ben