L’extension commerciale de la carte bancaire sera effective dés le début de l’automne prochain, selon Abderahmane Benkhalfa, délégué général de l’Association des banques et établissements financiers (Abef), qui s’est exprimé hier sur la radio Chaîne II. « Toutes les conditions d’un développement rapide d’une extension commerciale de la carte bancaire sont actuellement réunies », assure Benkhalfa. Il s’agit, explique-t-il, de mettre en circulation la carte de retrait et celle du paiement. C’est à cet effet que les surfaces commerciales et les commerçants seront équipés d’un Terminal de paiement électronique (TPE). Actuellement, ils ne sont qu’entre 1000 et 1500 à en être doté. « Les commerçants devront acquérir ce dispositif car il leur sera très bénéfique à eux et aux clients », conseille l’orateur. Evoquant l’opération de télécompensation du chèque, qui a débuté hier, le délégué de l’Abef soulignera que ce système permettra plus de sécurité et de rapidité dans les opérations bancaires. Tout en expliquant le déroulement et la teneur de ces nouveaux modes de paiement de masse, Benkhalfa soulignera que l’Algérie entrera dans une ère d’ « une nouvelle bancarisation ». Ce qu’il faut retenir de ces nouveautés, c’est que le traditionnel chèque de banque et CCP, disparaîtra sous sa forme actuelle, pour devenir un dispositif normalisé uniquement lisible par scanner et traité par un réseau centralisé d’information liant toutes les banques entre elles. Ce qui aura comme conséquence d’accélérer les transferts d’argent, en réduisant les délais de traitement de 15 jours à maximum 5 jours. La sécurisation accrue des opérations bancaires à travers la mise en place d’une traçabilité des transactions que garantit ce système, est l’autre aspect essentiel, même si, reconnaît l’orateur, il ne permet pas d’enrayer totalement la fraude. « Le nouveau système crédibilisera le chèque de paiement, qui ne sera qu’électroniquement lisible », dira Benkhalfa, qui ajoutera que l’opération de reconversion a débuté par les entreprises avant de gagner les particuliers. « Avant décembre de cette année il ne restera que moins de 1% des chèques traditionnels en circulation », indiquera-t-il. L’objectif étant de supprimer totalement le chèque de retrait d’ici début 2007. L’opération de modernisation a coûté à l’Etat des millions de DA, affirmera l’orateur sans pour autant préciser le montant exact. Il indiquera tout de même que le coût d’un scanner de 2 000 euros (1800 de ces appareils ont été acquis), ajouter à cela les logiciels et les systèmes d’information accompagnant le dispositif. Par ailleurs, tout en avouant que la transition entre l’ancien et le nouveau système sera difficile à gérer, le représentant de l’Abef, estimera la durée de reconversion à 06 mois au maximum. « La transition sera difficile, mais c’est un choix nécessaire », dira-t-il. L’investissement consenti dans cette opération de modernisation, ne va, selon Benkhalfa, se répercuter que sur les coûts appliqués aux entreprises -qui ne saurait dépasser 30%- et pas aux particuliers. Il y a actuellement 18 millions de comptes bancaires et CCP.
Elias Ben
