Mieux vaut prévenir que guérir

Ils étaient nombreux à sillonner un quartier de la ville de Kherrata : une dizaine de chiens errant en groupe attirait avec méfiance et curiosité l’attention des citoyens. Des animaux qui ne semblaient nullement inquiétés et qui poursuivaient le plus normalement du monde leur chemin. Une telle scène ne représente en fait qu’un danger potentiel aux personnes susceptibles de se trouver en face d’eux, au risque d’être mordues, avec toutes les conséquences qui en découlent, surtout qu’il s’agit de morsures qui ne pardonnent pas, au cas où il y a suspicion de rage. L’erradication de ce type de phénomène, voire du fléau, nuisible à l’homme et aussi à l’animal, fait partie de la campagne de lutte contre les zoonoses, laquelle doit être lancée et suivie à chaque période bien définie de l’année. Les zoonoses, d’une façon générale, qui menacent la vie et la santé des citoyens, font supporter à la collectivité nationale, une des lourdes charges sociales et financières. C’est ainsi que la lutte et la prévention contre les maladies ne sauraient se percevoir sans l’implication de toutes les parties concernées directement ou indirectement. L’homme étant récepteur, l’animal récepteur et vecteur ou réservoir de ces maladies, il évolue dans un environnement dont les conditions d’hygiène et sanitaire sont à la charge des différents secteurs de la vie publique. Pour ces animaux errants, le cas du chien en particulier, l’abattage reste l’unique moyen pour restreindre l’incidence de maladies telles que la rage, la leishmaniose et le kyste hydatique qu’aucune campagne de vaccination, quand elle existe, ne saurait réduire. Leur élimination doit être donc une priorité, d’autant plus qu’elle constitue le meilleur moyen de lutte contre ces trois zoonoses majeures. Les autorités locales concernées ont par conséquent toute latitude dans la mise en pratique de cette opération telles que les battues réglementaires, même si la meilleure forme demeure cependant la professionnalisation, c’est-à-dire la création de fourrières canines, accompagnée d’autres mesures de prévention, notamment l’amélioration des enlèvements des ordures ménagères, le contrôle et la réglementation des décharges publiques, la mise en place à travers les bureaux d’hygiène des communes, d’un système de contrôle de la vaccination antirabique des chiens domestiques et enfin réhabiliter le fonctionnement et la gestion des abattoirs par la mise en place d’un cahier des charges. Il s’agit de la santé publique.

Slimane Zidane