C’est le mois du patrimoine et comme chaque années, des expositions, des conférences et des rencontres sont organisées. Comme chaque année aussi, on lancera des appels pour la protection du patrimoine. Le ministère de la Culture aura déployé de grands efforts pour sensibiliser le public à la nécessité de préserver ce que les anciens nous ont légués. Dès que le mois du patrimoine prendra fin, le public oubliera les vestiges du passé, les monuments et ce qui reste encore de la culture dite populaire, pour s’intéresser aux problèmes quotidiens. Et tant pis si le monument historique du village ou de la ville se dégrade, et si, en creusant les fondations d’une maison, on découvre un objet ancien, ou les traces d’un habitat, on ne le signale pas de peur que le terrain ne soit confisqué : l’intérêt personnel passe avant celui de la culture ! On a même vu des gens subtiliser, sur des monuments, portés classés, des pierres pour construire leurs maisons ! Quant aux jeunes, ils s’intéressent si peu au patrimoine qu’ils peuvent côtoyer les monuments les plus prestigieux sans en connaître l’origine. En fait, il manque, en Algérie, une culture du patrimoine, à même de faire prendre conscience aux gens de l’importance du legs du passé, et par conséquent de les inciter à le respecter et à le protéger. Et par-dessus tout, le patrimoine est cette trace vivante de l’histoire nationale, ce témoignage d’un passé riche en efforts et en innovation et sur lequel se greffent les éléments de l’identité d’un peuple.
S. Aït Larba
