C’est sur le seuil de la porte du service de néphrologie de l’hôpital de Tizi Ouzou que nous avons abordé un malade, visiblement épuisé par une séance d’hémodialyse, mais soulagé de son mal pour quelques jours. Cependant, il n’est pas au bout de ses peines puisqu’il doit patienter, encore durant deux heures et supporter les 50 kilomètre de virages, le séparant de Aïn El Hammam, son lieu de résidence. Ce trajet, soit 100 kilomètre en aller et retour, il le fait une dizaine de fois par mois, pour subir des séances d’épuration de sang, grâce au rein artificiel. Il n’est pas le seul, mais l’un des rares chanceux à qui le service a affecté un lit car il n’y en a pas pour tous, dans le service d’hémodialyse. Ils sont, en réalité, nombreux à attendre leur tour pour avoir « un lit ». Les dialysés sont eux aussi, logés à la même enseigne. Même si, pour eux, la fréquence des déplacements est plus réduite, il ne peuvent, le moment venu, se passer du contrôle médical ainsi que de l’approvisionnement en « solution pour dialyse péritonéale », une multitude de cartons nécessitant le transport par camionnette. Si les malades parviennent à s’habituer, tant bien que mal, aux voyages pénibles, il arrive, par contre, des moments où faute de soins, certains ont failli perdre la vie, comme c’est le cas durant les dernières intempéries où rejoindre Tizi Ouzou relevait de la gageure. Des malades et leurs proches ont bravé les dangers de la neige pour se rendre au CHU de Tizi Ouzou, à pied, sur de longues distances. De telles expériences ne devraient pas se répéter et personne ne devrait dire, maintenant, qu’il est pris de court. L’hôpital de Michelet n’est pas équipé pour de telles opérations bien que le besoin s’en fasse sentir vu qu’il assure la couverture sanitaire de plusieurs daïrates et, parmi celles qui souffrent le plus de l’isolement. Pourtant, en terme d’actes médicaux effectués, journellement, le secteur sanitaire d’Aïn El Hammam se trouve classé parmi les premiers, au niveau de la wilaya. Les hôpitaux, situés aux chefs-lieux de daïra, même de moindre importance, tels ceux de Draâ El Mizan ou Azazga, sont pourvus, depuis peu de service de néphrologie. On ne peut que se réjouir de ce que les malades de ces régions, sans distinction aucune, soient soulagés. En attendant, les insuffisants rénaux, vivant dans les villages des communes reculées, d’Illiten, d’Iferhounène, d’Aït Yahia, Akbil ou Yattafen, espèrent que leur appel sera entendu pour qu’une structure, adaptée à leurs besoins, viennent se rapprocher de chez eux, pour alléger leurs souffrances.
Nacer B.
