“Mes conditions de vie étaient telles que j’étais prêt à accepter un billet de 1 000, voire de 100 DA”. C’est sans ambages que H.B., principal accusé dans l’affaire de la tentative d’escroquerie d’un boulanger de la place, a reconnu les faits hier lors de sa comparution devant le tribunal correctionnel de Bgayet siégeant en première instance.A aucun moment H. B. n’a essayé de biaiser ou d’occulter le rôle essentiel par lui joué dans cette affaire. L’idée, en fait, de frapper un grand coup pour sortir de la misère, a germé dans son esprit quand il a appris que la résidence universitaire du 17-Octobre a lancé une consultation restreinte pour le ravitaillement en pain du restaurant de la cité. Usant de sa qualité de membre du comité étudiant, c’est du moins ce qu’il a affirmé, il a pris attache avec un premier boulanger qui le rabroua sèchement. La deuxième tentative fut la bonne, c’est du moins ce qu’il a cru comprendre puisque le spécialiste de la boulangerie fit mine d’accepter le “deal” de cinq millions de centimes contre un coup de pouce pour arracher le marché. La suite, on la connaît : mise au parfum de la Sûreté de wilaya, souricière et flagrant délit, malgré un premier refus de l’enveloppe qu’il finit cependant par enfouir prestement dans ses poches. S’enfonçant encore davantage, l’accusé H.B. a avoué qu’il ne pourrait en aucun cas remplir sa part de marché !Les deux autres accusés, C.A. et O.Z. ont joué la carte de l’ignorance des desseins du “cerveau”, même si le premier a reconnu l’avoir accompagné dans ses démarches auprès des boulangers. Le procureur de la République s’est offusqué du fait que toute l’affaire s’articule autour de la tromperie, en toute connaissance de cause et que la finalité se décline en termes de “manger” ! La faim justifie les moyens en somme ! Le procureur ayant pris en considération la situation sociale des accusés et leur statut d’étudiants en fin de cycle a requis à l’encontre de H.B. et C.A., la peine de un an de prison ferme et 10 000 DA d’amende pour chacun. Quant au troisième, O.Z., il a demandé l’application de la loi.Les avocats des accusés ont d’emblée réfuté la version de l’escroquerie, A.B., n’aurait été que l’intermédiaire entre d’une, l’administration et le boulanger de l’autre part. Ce dernier a été cloué au pilori par procédés incitateurs à la corruption. Il aurait en quelque sorte favorisé, voire suggéré peut -être le versement de pot-de-vin. Et de s’étaler sur la thèse du complot…Après délibération, le tribunal a prononcé à l’encontre de H.B. et C.A. une peine de un an de prison avec sursis et 10 000 DA d’amende pour chacun. Quant au troisième mis en cause, O.Z., il a été relaxé.
M. R.
