Six casemates démolies à Djerrah

Après plus de huit ans au maquis, un élément du GSPC, 27 ans environ et originaire de Réghaïa s’est rallié à l’ordre public, l’avant-veille de ce week-end sur l’axe Beni Amrane-Lakhdaria. Ses renseignements furent précieux. Très précieux pour la poursuite de l’opération anti-terroriste déclenchée par l’ANP il y a vingt jours, particulièrement dans les monts surplombant les gorges de l’ex-Palestro. Nos sources ne dévoilent pas, en pareille circonstance, l’identité du terroriste qui vient de signer sa repentance dans la contrée précitée. Mais elles précisent qu’ »il a pu fausser compagnie à ses acolytes et s’emparer d’un fusil d’assaut de type Kalachnikkov et d’un poste émetteur transmetteur radio avant de se livrer aux autorités militaires de la circonscription ». Engagées déjà depuis plus de deux semaine dans les maquis de Djerrah, en prolongement des ratissages d’autres zones sensibles de Boumerdès, celles-ci ont aussitôt exploité les informations fournies par le dit repenti pour passer les lieux circonscrits au peigne fin. Bouclage systématique de la région sur un périmètre de quatre kilomètres et installation des blindés dans différents endroits stratégiques. Doukane, Ouled Bellemou et Azrou Imaaziyène sur le versant est, ont été encore torpillés intensément ce week-end. Aucune information précise n’est donnée, pour l’heure, sur le nombre des terroristes déchiquetés par les obus incendiaires des mortiers. Le pilonnage a permis, cependant a-t-on affirmé de détruire pas moins de quatre casemates et caches d’armes surtout des explosifs. En progressant avec beaucoup de prudence vers les lieux ciblés, les forces de l’ANP y ont découvert selon un bilan provisoire deux tunnels. Creusées sur le flanc de la montagne et recouvertes apparemment de branchage, deux casemates étaient utilisées par les hordes sanguinaires a-t-on expliqué comme couloirs d’infiltration vers les villages alentours. A l’intérieur de ces refuges, les militaires ont aussi trouvé des effets vestimentaires souvent utilisés par les groupes terroristes pour le camouflage lors de la planification de faux barrages meurtriers. D’importantes quantités de vivres et autres habits ou couvertures ont été pulvérisés suite au bombardement des tanières préalablement circonscrites. Des bulldozers ont été utilisés pour détruire ce qui restait des antres de l’islamisme armé. On cible ici les nébuleuses terroristes salafistes ayant pour sinistres appellations Katibet El Farouk et El Feth écumant respectivement le nord-ouest de Bouira et le sud-est et ouest de Boumerdès. La pression de l’ANP se poursuit méthodiquement pour effacer à jamais de cette région toute trace de l’hydre islamiste. Avec cette précision que les terroristes peuvent encore signer leur reddition avant la date butoir du 31 août 2006, fixée dans le cadre de l’application de la Charte pour la paix et la réconciliation nationale. Même décor de quadrillage et de pilonnage des maquis à Ghezerwal, chaîne montagneuse surplombant Cap-Djinet, Sidi Daoud, Baghlia et Sahel Boubarak. Là, les brigades de forces mobiles de l’ANP (BFM) ont désamorcé en moins de deux semaines, une quarantaine de bombes, a-t-on signalé. On traque à l’est de Boumerdès une cinquantaine de terroristes actifs et leurs relais. Et sans verser dans le triomphalisme, on peut conclure qu’on est loin du temps où les terroristes lançaient des collines leurs roquettes.

Salim Haddou