Les usagers de la RN26 l’auront certainement remarqué lors de leurs passages par la localité de Raffour, dans la commune de M’Chedellah, notamment durant les heures de pointe, habillé d’une tenue qui ressemble à celle de l’ANP, grand gabarit, en train de réguler la circulation ou faire traverser la route aux écoliers et aux personnes âgées. Lui, c’est Ouchène Ali, appelé communément ammi Ali. Il est agent de passage de piétons dans le cadre du filet social avec une rémunération dérisoire pour ce père de famille de quatre enfants, âgé de 53 ans. Respecté de tous, population locale et usagers de cet axe routier. Il est sollicité à chaque fois qu’il y a une activité, fête, manifestation, etc… dans la localité et la région, organisées par le mouvement associatif ou tadjmaït n’Taddart… A chaque fois, il répond présent et assume pleinement sa tâche. “C’est moi qui aie demandé ce poste après avoir constaté le nombre effarant d’accidents de circulation et de victimes, à partir de 2001 aucune victime n’est plus à déplorer, Dieu merci”. ammi Ali dira avoir été injustement licencié de son poste de “gardien” qu’il occupait à l’APC de M’Chedellah, au moment où il était tombé malade et contraint à des soins intensifs, chose qui nécessitait plusieurs arrêts de travail. Il remerciera toutefois l’association culturelle Tizimit de Raffour qui l’a orienté pour déposer un dossier et travailler dans le cadre du filet social comme “policier de la route”, comme il aime à se qualifier. ammi Ali dira avoir de bonnes relations avec les services de sécurité de la daïra de M’Chedellah. “Je considère que je peux beaucoup aider dans la région…” C’est d’ailleurs lui qui était chargé de la sécurité lors des Journées artistiques organisées le 25 et 26 mai dernier. Le jour du gala, il mobilisera autour de lui quelques 200 personnes pour sécuriser les invités et autres citoyens contre d’éventuels débordements. D’ailleurs, tout s’était très bien déroulé, mais ammi Ali, c’est aussi ce simple citoyen qui souffre de problèmes socio-économiques. Hormis sa modeste paie avec laquelle il n’arrive guère à subvenir aux besoins de sa famille, même ces deux enfants âgés respectivement de 25 et 30 ans sont au chômage. Ammi Ali interpelle les autorités concernées de la daïra de M’Chedellah et celles de la wilaya afin de l’aider à trouver un poste de travail qui lui conviendra pour parvenir à la retraite et d’embaucher ses enfants pour vivre dignement. “Je ne demande pas la lune”, nous dira-t-il en substance. La famille Ouchène souffre aussi de l’exiguïté et vétusté de leur demeure qui risque de s’effondrer à tout moment. “Cela fait des années, nous dira-t-il, que j’ai formulé une demande pour l’acquisition d’un logement, mais en vain”. Pourtant, cet homme connu pour sa disponibilité mérite plus de considération de la part de l’Etat. “C’est l’homme à tout faire”, comme témoignera M. Ali Menad, directeur du Centre culturel Matoub-Lounès à Raffour, tandis que Nabil, jeune photographe, dira que c’est notre père à tous, tout le monde fait appel à lui, il est toujours disponible pour le bien-être d’Iwakuren.
Rayane B.
