C’est déjà l’après Bac…

L’examen du baccalauréat dont le coup d’envoi a été donné samedi dernier prendra fin aujourd’hui avec les séries des Sciences exactes et technologiques. Au fur et à mesure que les candidats terminent leurs épreuves, l’amertume, la joie et le regret s’installent en attendant le jour J, c’est-à-dire le trois juillet, date annoncée pour l’affichage des résultats. Pour en savoir plus sur ce que pensent les candidats, nous avons fait une virée dans des centres d’examen à Draâ El Mizan. « J’ai failli craquer le deuxième jour, juste après l’épreuve de maths », nous dira Siham, qui passe son bac dans la série sciences de la nature et de la vie. Et d’expliquer : « Alors que je m’attendais à des exercices abordables comme ceux qu’on nous propose aux compositions, j’étais restée bloquée devant le deuxième exercice où on dit qu’il y avait une erreur.  » Pour Khaled, c’est plutôt l’épreuve de sciences naturelles qui lui a donné des sueurs froides. « J’ai bien révisé le chapitre concernant l’immunologie, mais finalement, on nous a proposé un autre thème plus compliqué. N’était ma nature d’homme, j’aurais pleuré », a-t-il ajouté en ayant à l’esprit cette hantise d’échouer, lui qui croyait le décrocher pour la première fois. Devant le lycée Ali-Mellah où ont composé les candidats aux séries Lettres et langues étrangères, c’était un peu la relaxe et la joie. Un groupe de jeunes garçons et de jeunes filles, le vent en poupe, discutaient beaucoup plus des choses de la vie. « En français, je vais cartonner », nous a lancé un beau garçon. Quant à Lydia, qui repasse son bac pour la troisième fois, elle pense tout autre chose. « En tout cas, c’est ma dernière chance, sinon je retournerai à la maison et j’attendrai mon mektoub », a-t-elle dit avant de verser quelques larmes sur ses joues roses. Une autre fille, plutôt coquette, la serre contre elle. « Ce n’est pas la fin du monde, il n’y a pas que le bac dans la vie », lui chuchota-t-elle aux oreilles. D’un groupe à un autre, nous avons réussi tout de même à pénétrer les secrets des uns et des autres. En tout cas, ce qui manque pour tous ces jeunes adolescents reste tout de même une véritable prise en charge psychologique. On parle, aujourd’hui, de psychologues scolaires, mais il y a lieu de dire que ces élèves ne s’y confient pas car pour certains, même ce psychologue fait partie d’un milieu qu’il hait. « J’ai beaucoup de problèmes. Je suis harcelée de partout. Dans le milieu familial, je suis persécutée. Mes camarades ne me comprennent pas. Parfois, je pense au suicide », nous a confié une jeune lycéenne qui ne veut pas entendre du conseiller d’orientation de son lycée. « Il faudrait que ces psychologues soient ailleurs. Si on consulte le psychologue, les autres diront qu’on est malade », conclura-t-elle. Effectivement, dans une société conservatrice, il n’est pas aussi facile de faire avaler la pilule aux gens qu’il ne s’agissait là que de suivi psychologique. Avant de quitter les lieux, nous avons eu aussi cette chance de vivre en direct les adieux faits par les uns aux autres. En attendant ce trois juillet, les garçons vont « se déstresser » en suivant les belles affiches de la Coupe du monde alors que les filles vont s’adonner à regarder leurs séries préférées, ou encore à zapper sur les chaînes purement musicales.

Amar Ouramdane