Les premiers cornets de glace ont réapparu depuis la mi-mai en quelques endroits seulement, le rush alléchant des enfants sur les points de vente n’est pas passé inaperçu pour les amateurs de gains faciles. A l’heure actuelle, cette activité s’est propagée à travers tous les commerces du chef-lieu de la commune. Si pour certains, un minimum d’hygiène est constaté, d’autres par contre font montre d’un manque inquiétant de propreté, concentrés qu’ils sont sur l’importance de la recette de fin de journée et rien d’autre ; il est facile de s’apercevoir que certains inconscients ont dépoussiéré le reliquat des stocks des cornets de gaufre non écoulés l’année passée. Des citoyens affirment avoir découvert des fourmis et des araignées au fond de ces cornets dont certains présentent des traces de moisissures, des dénonciations fort plausibles vu qu’il n’y a aucun moyen de nettoyer ces cornets sans les endommager. De plus, la matière sucrée avec laquelle ils sont fabriqués attire toutes sortes d’insectes et mouches qui se faufilent à travers les boîtes d’emballage qui sont loin d’être hermétiques ; de ce fait, la poussière s’infiltre à l’intérieur de ces boîtes et se loge au fond des cornets. Pour ce qui concerne les machines à glace, sans parler de l’endroit où elles sont exposées (à l’intérieur des magasins), et éviter l’embouteillage que créent les enfants qui s’agglutinent autour de ces appareils, les saletés et autres bavures de la crème qui s’accrochent à ces machines, sont tout simplement écœurantes ; passe encore quand ce sont des enfants en bas âge qui se font servir à partir de ces « dépotoirs » de germes et microbes, mais quand un père fait servir son fils en constatant de visu l’état de ces machines sur lesquelles tourbillonnent des nuées de mouches, de guêpes et abeilles, un comportement inadmissible qui nous laisse pantois. Vu le nombre de clients qu’attirent ces lieux de vente de crème glacée, n’est-il pas temps de protéger ces enfants par une régulation de cette activité suivie d’un certificat de conformité, par exemple, un document qui ne serait délivré qu’avec l’aval des services de la santé et d’hygiène. Pour les commerçants, ces appareils sont considérés comme des « machines à sous », et rien de plus tant que ça rapporte. La santé de ces enfants est l’un des derniers de leurs soucis. Un contrôle inopiné et périodique de ces points de vente est indispensable. Si la responsabilité de l’Etat dans cet état de fait reste entière, celle de la société civile, particulièrement des parents, n’est point à souligner.
Omar Soualah
