« Le développement et la sécurité vont de pair ». Cette phrase du wali de Tizi-Ouzou à Draâ El-Mizan, répétée dans toutes les sorties du premier responsable de la wilaya dans ses divers périples dans les dairas et communes, en dit long. Effectivement, l’insécurité et tous ses corollaires c’est-à-dire, rapts, vols, agressions et autres délits font de la quasi-totalité des localités, des enfers si bien que même des entrepreneurs ne se bousculent plus au portillon pour arracher des projets. Et le nombre d’investisseurs se compte maintenant sur les doigts d’une seule main. Dans son intervention devant la presse, M. Hocine Mazouz a promis que toutes les localités seront dotées de structures de sécurité. Certaines communes des daïras du sud de la wilaya, pourtant redoutées pour leur insécurité, souffrent toujours de ce phénomène qui va grandissant. On citera à titre d’exemple Maâtkas, Ain Zaouia, Ait Yahia Moussa, M’Kira et bien d’autres. Selon une source locale dans cette dernière localité, il y a eu déjà une prospection pour l’implantation d’une sûreté urbaine. Mais seulement, dans cette municipalité comme dans toutes les municipalités rurales, le manque de foncier communal demeure un obstacle pour la réalisation de projets. Située en zone rurale, cette commune qui ne dispose d’aucune unité de sécurité à l’exception de la garde communale, laisse apparaître des groupes de malfaiteurs. Combien de fois avons-nous entendu qu’au niveau même du chef-lieu, Tighilt Bougueni, ont eu lieu des cambriolages ? Quant à la situation dans les villages, elle se dégrade de plus en plus. Des éleveurs de bêtes n’ont pas échappé à des vols, notamment à l’approche de la fête de l’Aid El Kébir. Dans leurs discussions, les citoyens font état quotidiennement de ce manque de quiétude. Une autre localité où la situation n’est pas rose, c’est celle d’Ait Yahia Moussa. Selon des témoignages recueillis auprès des habitants du centre (l’ex-Oued-Ksari), le nombre de vols va crescendo. « On ne peut plus sortir la nuit pour prendre de l’air. S’il y a quelques années, on avait peur de terroristes, aujourd’hui, ce sont les bandits », nous a déclaré un habitant du centre-ville. D’ailleurs, comme partout ailleurs, des citoyens auraient initié une pétition dans laquelle ils auraient demandé une brigade de sécurité sans en préciser la nature. Dans la daïra de Draâ El-Mizan, le choix pour doter la ville de Ain Zaouia d’une institution similaire serait à l’ordre du jour. En tout cas, la dégradation de la situation sécuritaire dans de nombreuses localités a donné à réfléchir aux citoyens en appelant l’Etat à les protéger.
Amar Ouramdane
