Un diplôme réhabilité

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Il fut un temps où le brevet était un diplôme important que certains même accrochaient au mur : c’est que le brevet était réellement un diplôme, c’est-à-dire un titre qui donnait droit à des privilèges, dont celui d’occuper un poste dans l’administration, lbiro. Il est vrai que beaucoup arrêtaient leur scolarité à ce stade, parce que obligés de gagner leur vie. Depuis, les études secondaires se sont généralisées et dans un souci de démocratisation de l’enseignement, on a ouvert massivement les portes des lycées. Le brevet est devenu une simple formalité puisqu’il n’était plus nécessaire pour passer en seconde : le seul critère retenu était la moyenne obtenue durant la dernière année moyenne. On a vu les candidats se rendre à l’examen comme à l’excursion : un stylo à la poche, sans se soucier de l’issue de l’examen… Certains cherchaient même des prétextes pour ne pas se rendre à l’examen ! du moment qu’on était sûr de passer en seconde… Pour favoriser leurs élèves, les établissements n’hésitaient pas à gonfler les notes. Résultats : des élèves passaient au lycée avec des moyennes surévaluées et, faute de bases réelles, échouaient pour la plupart. L’établissement d’un système de quotas, affectant un pourcentage d’admis au lycée n’arrangea pas les choses, puisque pénalisant les bons établissements : alors que dans un collège on pouvait passer avec huit sur vingt, dans un autre, où les élèves étaient meilleurs, on ne passait pas avec onze ! C’est pour mettre fin à la fois au gonflage des notes et à l’injustice des quotas que le brevet a été réhabilité : la moyenne obtenue est multipliée par deux, elle est additionnée à la moyenne de l’année et le tout est divisé par trois. C’est plus juste, parce que c’est le travail réél qui est évalué !

S. Aït Larba

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