En marge de la séance des questions orales des députés, le ministre de la Justice Tayeb Belaiz a été interpellé jeudi dernier sur l’évolution de l’affaire Khalifa. A ce propos, le ministre s’est montré indigné par la fuite d’informations afférentes à cette affaire encore en justice, faisant ainsi fi du principe du secret d’instruction.Il ira même jusqu’à dire que la presse n’est pas en droit de publier ces informations parce que tous les inculpés ne sont pas forcément des coupables. Il soutiendra que la justice est la seule autorité habilitée à divulguer ces informations et que les personnes poursuivies en justice bénéficieront de la présomption d’innocence jusqu’à ce que l’accusation soit confirmée.Le garde des Sceaux expliquera également que le dossier Khalifa se trouvait pendant deux années au niveau du parquet général sans qu’aucun incident ne soit signalé en avançant que ce n’est que lorsque le dossier a été transféré à la chambre d’accusation où une cinquantaine d’avocats de défense y avaient le droit de regard que l’affaire s’est ébruitée et devenue publique.Tayeb Belaiz fera savoir qu’en vertu de l’article 11 du Code pénal, une enquête est ouverte par le ministère de la Justice afin d’élucider l’affaire et de connaître tous les tenants et aboutissants de ces pratiques en violation de la loi. Interrogé sur d’autres thèmes telle que la gestion « controversée » du Croissant-Rouge algérien par le ministre de l’Emploi et de la Solidarité nationale Djamel Ould Abbès, en dépit de la décision de justice déclarant l’autonomie de cette institution, Tayeb Belaiz répondra avec beaucoup de réserve en sortant encore une fois le motif de la solidarité gouvernementale. En se montrant très vague et implicite, Belaiz relira uniquement le contenu du verdict ; la décision de justice était nulle et celle du ministre ne s’appuie sur aucune base juridique.
Tayeb Louh : “La sécurité sociale s’est constituée partie civile dans l’affaire Khalifa”
De son côté, le ministre du Travail et la Sécurité sociale, Tayeb Louh enchaînera sur le même sujet en informant que plusieurs institutions de l’Etat, y compris la CNAS, la CNR et la CNAC ont placé leur argent dans les banques Khalifa et qu’elles n’ont pas pu les récupérer par la suite, puisque l’affaire est encore entre les mains de la justice. Le ministre, qui a précédemment accusé des gens de l’extérieur de la tutelle d’être derrière ces pratiques irresponsables, avancera que la justice tranchera en temps voulu et que tous les impliqués puiseront leur peine. Tayeb Louh annoncera que tous les organismes dépendant de son département ont reçu récemment une instruction pour prendre les mesures nécessaires contre tous ceux qui auraient nui aux institutions de la sécurité sociale et créée d’énormes déséquilibres financiers. Quant aux mesures administratives, Tayeb Louh notera que ses services ont mis fin aux fonctions de dix cadres impliqués dans l’affaire Khalifa.
H. Hayet
