Affluence des estivants vers les plages

Après un début quelque peu timide, les plages de Tigzirt commencent à se noircir de monde, en ces jours de grande chaleur. Une virée sur les lieux nous a permis de constater que pour cette saison, beaucoup de choses ont changé. Il est 18h, la Grande plage retrouve sa forme et sa beauté de l’été. D’incessants va-et-vient d’estivants et de personnes en quête de détente est constaté sur le front de mer. La Grande plage offre la vue d’un site propre, contrairement aux saisons passées. La police des plages, qui sillonne ce secteur depuis la matinée, s’apprête à quitter les lieux à l’orée de la fin de journée. Beaucoup d’estivants sont repartis, mais beaucoup d’autres aussi non « rassasiés », se baignent encore, s’allongent ou jouent sur le sable. Mouloud et ses voisins, qui habitent Mayache, ont décidé cette année de profiter au maximum de la grande bleue. « D’habitude nous ne nous rendons à la plage qu’à partir de la mi-juillet, mais cette année ce lieu nous a attiré tôt, vu que beaucoup de choses ont changé ». Le groupe de jeunes s’apprête à rentrer au village, loin de près de 7 km. Mais à notre demande, ils acceptent avec joie une petite conversation avec nous. Si ces amis profitent de la saison pour se défouler et se détendre, le jeune Mouloud en plus, a su mettre en place un petit commerce. « Je loue les canots pour les estivants ». Si auparavant Mouloud n’avait qu’un canot, pour cette saison, il en a mobilisé quatre. Pour la saison estivale de cette année, « je suis sincèrement optimiste et je crois qu’il y aura beaucoup de monde ». La prévision de Mouloud et de ses camarades est basée sur la nouvelle image que Tigzirt, où l’antique Omnium, tente de s’approprier « Il y a eu assainissement, de l’environnement. Tigzirt a su se débarrasser de la double pollution; celle de la nature, et la pollution humaine (débauche) qui a envahi la région, par le biais de certains milieux. « 

C’est calme et la clientèle est de qualitéPlus loin, nous faisons une halte, auprès d’un restaurant qui se situe au milieu de la plage. Tout le long de ce site, l’on compte uniquement quatre restaurants. « Le Grand Bleu » est géré pour cette année par le jeune Malik, secondé par Boudjemaâ et Ali. Les trois jeunes épluchent la pomme de terre sur le sable dans trois grandes bassines. « ça commence bien, doucement mais sûrement, tout est calme. Il n’y a plus de vol, plus de délinquance. Les gens sont à l’aise et circulent avec quiétude », nous dit Malik, avec un sourire plein d’optimisme. L’APC a décidé de ne plus délivrer d’autorisation caduque pour l’exercice du commerce sur les plages. Toutes les cabanes de fortune, installées anarchiquement, ont été interdites. Toute autorisation est soumise à un registre du commerce, suivi d’un contrôle rigoureux par tous les services de contrôle. A Malik de continuer « Avec la fermeture des lieux de débauche, qui ont empoisonné l’atmosphère, et la campagne menée contre la prolifération de la vente illégale d’alcool, Tigzirt retrouve son image d’autrefois, et c’est merveilleux. « A son ami Boudjemaâ d’enchaîner : « A présent, nous recevons une clientèle de qualité. Ce sont des familles et des gens calmes. Moins de problèmes et les servir n’est plus une corvée, mais une partie de plaisir », nous dit-il. Nous laissons Malik et ses amis continuer à éplucher la pomme de terre face à la grande bleue, qui offre ce jour une image paradisiaque. Plus loin, nous retrouvons Kamel, un autre propriétaire de restaurant.

« Après le bac, le BEF et la 6e, les estivants arriveront en force »Kamel lui aussi nous a parlé des changements qu’a connus Tigzirt : « Cette ville millénaire a retrouvé son image d’autrefois. Je profite pour lancer un appel aux estivants particulièrement aux familles pour leur dire : venez à Tigzirt vous n’allez pas le regretter », lance-t-il. Selon lui, « en dépit du temps frais, qu’on a connu ces derniers jours, l’afflux vers les plages est important ». Selon ce propriétaire, les familles circulent librement, jusqu’à la tombée de la nuit. Il y a moins de problèmes et toutes les conditions sont réunies pour garantir aux visiteurs repos et quiétude. En bon connaisseur, il nous dit que la vraie saison ne débutera qu’après la proclamation des résultats du bac, le BEF, et la 6e. « Après ces examens, qui retiennent les familles, les estivants arriveront en force, particulièrement pour cette saison », dit-il. En attendant le grands rush et pour que Tigzirt soit à la hauteur, les responsables de la ville s’affairent à apporter les dernières retouches des préparatifs. Désormais, l’antique Omnium veut s’imposer et dire que la gestion médiocre, l’anarchie et l’avilissement font partie du passé. L’espoir est dans le présent et l’avenir.

Mourad Hammami